Le mouvement terroriste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a tiré lundi soir des dizaines de roquettes contre Israël, qui a répliqué par des frappes aériennes, une nouvelle escalade risquant de dégénérer en guerre ouverte.

Selon l’armée israélienne, plus de 40 roquettes ont été lancées de Gaza en une heure seulement, dont 12 ont été détruites en vol par le système de défense antimissile Dôme de fer au-dessus des villes d’Ashdod et de Netivot, dans le sud du pays.

La branche armée du Hamas à Gaza a aussitôt revendiqué ces tirs. « Les Brigades Ezzedine al-Qassam ont tiré des dizaines de roquettes contre Netivot, Ashkelon, Ashdod et Ofakim en réponse à l’agression sioniste », selon un communiqué de l’organisation armée qui fait référence à des villes du sud d’Israël.

« Les roquettes sont une réaction naturelle aux crimes israéliens contre notre peuple. Que l’occupant (israélien) comprenne bien le message. Nous ne craignons pas ses menaces et nous répondrons à ses crimes », a averti le porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.

Les sirènes d’alerte ont retenti jusqu’à Beit Shemesh, à 80 km de la bande de Gaza, non loin de Jérusalem, selon un communiqué militaire.

Peu après, l’armée de l’air israélienne a lancé plus de trente frappes sur le sud du territoire palestinien, à l’est de Rafah, dans une zone de tunnels proche de la frontière avec Israël, selon les services de sécurité du Hamas. Il n’y a pas eu de victime.

D’après la télévision publique, le cabinet de sécurité, convoqué lundi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a donné son feu vert à l’armée pour « durcir les représailles contre le Hamas ».

Ligne rouge

La télévision a montré des images de dizaines de chars déployés près la frontière avec Gaza, prêts à intervenir en cas d’offensive contre l’enclave palestinienne.

Plusieurs centaines de réservistes ont déjà été mobilisés et l’armée « a la capacité d’en rappeler environ 1 500 autres », a déclaré un porte-parole de l’armée. En outre, deux brigades de combat sont prêtes en cas de nécessité, a-t-il ajouté.

La confrontation entre le Hamas et Israël s’est intensifiée après la mort de sept combattants palestiniens dans la nuit de dimanche à lundi. Un neuvième est dans un état critique.

Au total, une centaine de projectiles de Gaza ont touché le sud d’Israël ces dernières 24 heures, selon l’armée. Un soldat a été légèrement blessé et deux maisons endommagées.

« Avec les derniers tirs, le Hamas a franchi une ligne rouge qu’il va devoir désormais payer », ont estimé des hauts responsables israéliens cités par la chaîne de télévision privée 10.

De fait, le Premier ministre israélien semble ne plus avoir d’autre choix que la force.

Dimanche, il avait appelé son gouvernement à la retenue. « L’expérience a prouvé que dans des moments comme aujourd’hui, nous devons garder la tête froide », avait-il lancé à l’adresse de ses ministres les plus belliqueux.

Aveux des suspects

Dans ce contexte de crise, trois jeunes Israéliens ont avoué le meurtre de l’adolescent palestinien brûlé vif à Jérusalem, qui a causé une émotion considérable des deux côtés et déclenché des violences qui se sont étendues aux localités arabes d’Israël.

« Trois des six suspects en détention ont avoué le meurtre de Mohammad Abou Khdeir, en le brûlant vif », a indiqué à l’AFP une source proche du dossier ayant requis l’anonymat.

Six jeunes juifs extrémistes de droite ont été appréhendés dimanche dans le cadre de cette affaire. Ils sont soupçonnés notamment d’appartenir à une « organisation terroriste », d’enlèvement, d’homicide sur mineur, de possession illégale d’armes et de crime « pour motif nationaliste ».

Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, avait été kidnappé le 2 juillet à Jérusalem-Est.

Dès la découverte de ses restes calcinés, dans un bois de l’ouest de Jérusalem, les Palestiniens avaient accusé des juifs extrémistes de l’avoir tué par vengeance après l’enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens dans la région d’Hébron, en Cisjordanie.

Le président Shimon Peres et M. Netanyahu ont téléphoné lundi au père de Mohammad Abou Khdeir, le premier pour exprimer sa « honte » et le second son « indignation » face à ce meurtre « abominable ».