Les fermiers de la bande de Gaza ont exporté jeudi pour la première fois depuis 2007 des fruits et légumes pour les vendre en Israël, ont indiqué un organe du ministère israélien de la Défense et une organisation d’aide aux Palestiniens.

Vingt-sept tonnes de tomates et cinq tonnes d’aubergines ont quitté la bande de Gaza afin d’être vendues sur les marchés israéliens, a indiqué le Cogat, organe du ministère de la Défense chargé de coordonner les activités israéliennes dans les territoires palestiniens.

Cela n’était pas arrivé depuis 2007 et la prise du pouvoir par le groupe terroriste palestinien Hamas dans ce territoire enclavé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée.

Deux camions ont franchi la barrière de sécurité au point de passage de Kerem Shalom, réservé aux marchandises, a rapporté Gisha, organisation israélienne d’aide aux Palestiniens. Les tomates et les aubergines devaient être livrées à des distributeurs, à charge pour eux de les mettre sur les marchés, a précisé une porte-parole de Gisha.

D’autres camions doivent suivre dimanche, a dit Gisha. Une plus grande variété de fruits et légumes de Gaza est appelée dans l’avenir à être mise sur les marchés israéliens, à raison de 1 000 à 1 500 tonnes par mois et d’environ 3 000 shekels par tonne, a dit le Cogat.

Des pans entiers de la bande de Gaza et de son économie ont été réduits en ruines par la guerre de l’été 2014. Invoquant sa sécurité, Israël continue à soumettre la bande de Gaza à un strict blocus, aggravé par un quasi blocus égyptien.

Le Cogat avait expliqué la semaine passée qu’Israël entendait aider les producteurs de Gaza tout en prenant en compte l’une des obligations observées par les juifs les plus religieux : l’interdiction, tous les sept ans, de consommer ou de vendre des fruits et légumes produits en Israël sur des terres cultivés par des juifs.

Au cours des huit dernières années, les seules importations de biens gazaouis à avoir été autorisées par Israël ont été, à cause d’une pénurie en Israël, deux chargements de pousses de palmiers destinées à des rites religieux, a indiqué Gisha.

Cette dernière a exprimé l’espoir de voir reprendre entre la bande de Gaza et Israël un négoce crucial selon elle pour les Palestiniens. Avant 2007, 85 % des exportations gazaouies étaient vendues en Israël et en Cisjordanie, autre territoire palestinien séparé de Gaza par le territoire israélien, a dit Gisha.

Au cours des derniers mois, Israël a pris des mesures pour soulager les restrictions imposées au commerce de marchandises gazaouies en Cisjordanie, comme des produits de la mer et des textiles, dit Gisha. Cependant les exportations gazaouies continuent à ne représenter que moins de 10 % de ce qu’elles étaient par le passé, dit-elle.