La police a arrêté jeudi 120 manifestants ultra-orthodoxes qui participaient à une vague de rassemblements à travers le pays. Des milliers de manifestants anti service militaire sont descendus dans les rues lors de manifestations qui ont provoqué d’importantes perturbations de la circulation à Jérusalem.

Dans la capitale, les rassemblements de l’après-midi se sont poursuivis jusque tard dans la soirée, avant d’être dispersés par la police. Les manifestants ont bloqué la circulation et du tramway près de la gare routière de la ville, provoquant une intensification de la circulation à l’entrée de la ville et causant de multiples retards sur la ligne de tramway.

La police a déclaré que 120 personnes avaient été arrêtées pendant les manifestations pour avoir bloqué les routes et le tramway, ainsi que pour ne pas avoir accepter d’obéir aux ordres de la police.

La police a semblé agir avec retenue après des accusations d’utilisation excessive de la force ont été portée contre elle lors d’une manifestation récente.

Un responsable des forces de l’ordre, qui a souhaité gardé anonymat, a déclaré à la Deuxième chaîne que la police s’abstenait d’utiliser la force pour évacuer les manifestants afin d’éviter les affrontements violents.

« Les manifestants sont à la recherche de clips vidéo avec de la violence de la police afin d’obtenir des dons des Etats-Unis », a déclaré le responsable.

En effet, les ultra-orthodoxes ont lancé jeudi des manifestations importantes pour protester contre l’arrestation de membres de leur communauté qui ont tenté de ne pas s’enrôler dans l’armée, clôturant une semaine d’actions de blocage de routes et d’affrontements avec la police.

Des dizaines de manifestants ultra-orthodoxes ont bloqué jeudi après-midi la place Shabbat de Jérusalem, une intersection clé menant à plusieurs quartiers ultra-orthodoxes de la capitale.

Une deuxième manifestation a eu lieu à l’angle des rues Jaffa et Sarei Yisrael, près de la gare routière centrale de la ville.

Dans la matinée, les manifestants ont bloqué la route 443 près de l’intersection de Shilat près de Modiin. Ils ont ensuite été évacués par la police.

D’autres manifestations ont été prévues à divers autres endroits, notamment à Bnei Brak, Ashdod et Beit Shemesh, dans le cadre d’une « Journée de la colère ».

Au moins 20 manifestants ultra-orthodoxes ont été arrêtés pour avoir bloqué la circulation à Jérusalem, notamment les routes Sarei Israël et Jaffa et la ligne de tramway de la capitale, alors que la police travaillait pour dégager les rues.

Certains manifestants chantaient et dansaient en cercle en se tenant les mains. Ils brandissaient des bannières proclamant « En route pour la prison militaire pour avoir étudié la Torah ».

« L’Etat veut faire taire tous les Juifs qui veulent étudier la Torah », déclarait sous le couvert de l’anonymat Zvi, un manifestant d’une quarantaine d’années, dénonçant une « guerre » menée par les autorités contre les ultra-orthodoxes.

Les récentes manifestations, qui en sont à leur quatrième journée, ont été déclenchées par l’arrestation de deux étudiants d’une yeshiva qui ne se sont pas présentés à leur convocation aux bureaux de l’armée israélienne.

Des sources proches du Conseil orthodoxe de Jérusalem, connu en hébreu sous le nom d’Edah Chareidis, qui compte des dizaines de milliers d’adeptes ultra-orthodoxes dans tout le pays, ont déclaré que le chef du groupe, Yitzchok Tuvia Weiss, avait l’intention de participer à l’une des manifestations qui devaient être organisées dans la capitale, a précisé le site d’information Walla.

La présence de Weiss dans la foule pourrait venir ajouter aux tensions déjà existantes avec la police anti-émeute.

Ces sources ont indiqué qu’elles avaient l’intention de submerger la prison où des manifestants arrêtés sont incarcérés et qu’elles avaient demandé aux personnes assistant aux manifestations d’apporter avec elles leurs phylactères et leurs châles de prières — des objets rituels utilisés pour les prières du matin — comme s’ils se préparaient à passer la nuit en détention.

Yitzchok Tuvia Weiss, chef du Conseil orthodoxe de Jérusalem, connu en hébreu comme Aideh Charaidis, le 23 septembre 2012 (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

Yitzchok Tuvia Weiss, chef du Conseil orthodoxe de Jérusalem, connu en hébreu comme Aideh Charaidis, le 23 septembre 2012 (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

La Faction de Jérusalem, organisatrice des manifestations, a déclaré qu’elle prévoyait de résister à ce qu’elle prétend être la répression policière de cette semaine, qui a mené à l’arrestation de dizaines de manifestants.

« Nous parlons d’une augmentation significative de la sévérité des mesures contre nous et nous répondrons en nature », a déclaré le groupe, selon le site d’information ultra-orthodoxe Kikar HaShabbat.

Mercredi, la faction a annoncé qu’il y aurait un « jour de colère […] à la suite de l’arrestation constante de prisonniers du monde de la Torah et du harcèlement des détenus par la police israélienne, et du transfert des déserteurs à la police militaire », a indiqué Kikar HaShabbat.

Six personnes ont été arrêtées mercredi soir alors qu’elles essayaient de bloquer le passage d’un véhicule du service pénitentiaire qui transportait les deux jeunes qui n’ont pas voulu s’enrôler vers un centre de la police militaire. Trois autres manifestants ultra-orthodoxes ont été arrêtés dans la ville de Maale Adumim.

Les manifestations de cette semaine sont les dernières d’une série de manifestations ultra-orthodoxes pour protester contre l’arrestation de membres de la communauté qui ne se sont pas présentés aux convocations des bureaux de l’armée israélienne.

Les manifestations ont souvent été marquées par de violents affrontements avec la police lorsqu’ils tentaient d’évacuer les manifestants qui bloquent les routes. Les manifestants ont accusé la police d’utiliser une force excessive, y compris lors d’une manifestation lundi, au cours de laquelle un officier a été filmé en train de courir dans la foule avec une arme sortie en menaçant de tirer sur les manifestants.

L’AFP a contribué à cet article.