Le député Yaakov Litzman, le dirigeant du parti Yahadut Hatorah, a déclaré jeudi que les partis religieux recommanderaient le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, pour qu’il dirige le prochain gouvernement si des élections étaient organisées dans le prochains mois. Mais ce soutien a un prix.

En effet, après les élections, les dirigeants de tous les partis élus à la Knesset doivent soumettre leur recommandation pour qu’un parti dirige le gouvernement. Le dirigeant du parti qui obtient le plus de recommandations est alors invité par le président à former une coalition qui doit être capable de réunir au moins 61 membres de la Knesset (la moitié du nombre des députés à la Knesset + 1).

Ces déclarations des dirigeants du parti Yahadut Hatorah font suite à un reportage diffusé sur la Deuxième chaîne qui soutient que Netanyahu dissoudrait le gouvernement les prochaines semaines s’il avait la garantie que les deux partis ultra-orthodoxes le soutiendraient pour former une nouvelle coalition après les élections.

Le Premier ministre, qui fait actuellement face à une crise dans sa coalition au sujet du projet de loi controversé sur « l’État juif », a demandé aux partis de l’opposition Shas et Yahadut Hatorah à s’engager à le soutenir pour qu’il puisse former un nouveau gouvernement après les prochaines élections, précise le reportage.

Lors d’une intervention à la radio de l’armée jeudi, Litzman a affirmé qu’il « doit faire tous les efforts possibles pour renverser le gouvernement actuel », qui porte préjudice aux intérêts des ultra-orthodoxes en diminuant les aides accordés aux enfants et les financements des yeshivot, en facilitant la procédure de conversion au judaïsme, et en tentant d’augmenter le taux d’enrôlement des ultra-orthodoxes.

Il a ajouté que son parti était en négociation avec des personnes du parti de Netanyahu pour constituer une éventuelle coalition.

« Il est clair pour tout le monde qu’à la fin 2015, tout le monde devra payer le prix des échecs économiques », soutient Litzman. Il ajoute qu’il « pense qu’il est probable que l’on rejoigne à la coalition ».

La ministre de la Justice Tzipi Livni a réitéré jeudi qu’elle était prête à aller jusqu’aux élections dans sa bataille contre le projet de loi controversé sur « l’Etat juif ».

Ce projet de loi, qui consacrerait juridiquement le caractère juif de l’Etat d’Israël, a été vivement critiqué par Livni et le dirigeant du parti Yesh Atid, le ministre des Finances, Yair Lapid, ainsi que par les législateurs de l’opposition.

Netanyahu a promis de faire passer cette loi, en affirmant qu’elle permettrait de garantir l’égalité des droits des citoyens du pays et de mettre les caractères démocratique et juif d’Israël sur un même pied d’égalité.

Les critiques soutiennent que la loi est antidémocratique pour les minorités, arabes entre autres, d’Israël. Lors d’une réunion du cabinet sur le projet de loi en début de semaine, Livni a accusé Netanyahu de soutenir la législation pour tenter de rompre la coalition afin qu’il puisse convoquer de nouvelles élections.

S’adressant à la radio militaire, Livni a affirmé qu’elle allait s’en tenir à ses principes sur la question du projet de loi sur « l’Etat juif », et que « nous » – ce qui signifie son parti et Yesh Atid – « ne laisserons pas [le projet de loi défendu par Elkin] passer ».

Le projet de loi devrait être voté par la Knesset en première lecture mercredi prochain. Toutefois Netanyahu a indiqué mercredi, qu’il proposerait sa propre version du projet de loi, qui sera une formule différente que la version d’Elkin.

Livni a appelé le projet de loi d’Elkin « anti-juif, anti-démocratique et antisioniste », et a affirmé qu’il relègue la Déclaration d’Indépendance, l’un des documents constitutionnels principaux d’Israël, « à la poubelle »

« Ce n’est pas un secret que ce gouvernement n’est pas le premier choix de Netanyahu, [que] Yesh Atid ait imposé la présence d’HaBayit HaYehudi dans le gouvernement, et le résultat c’est qu’Israël en paie le prix », déplore-t-elle.