Les universités israéliennes ont recueilli 1,7 milliard de shekels (environ 430 millions de dollars) durant l’année académique 2014 – une augmentation de 9 % par rapport à l’année précédente –, mais cela reste insuffisant pour que qu’elles puissent mener des recherches appropriées, affirme un haut responsable du ministère de la Science, de la Technologie et de l’Espace.

« Les chercheurs israéliens sont en concurrence avec leurs collègues du monde entier pour les ressources des grands fonds d’investissement ; leur capacité à obtenir un financement de ces organisations est le témoignage du niveau élevé de la recherche en Israël », a déclaré le professeur Nurit Yirmiya, scientifique en chef du ministère.

« Malgré cela, Israël n’a pas suffisamment de fonds budgétaires pour la recherche fondamentale, un pillier pour le développement des technologies de pointe qui auront un effet positif sur l’ensemble de l’économie », a-t-elle ajouté.

L’argent, réuni par des fonds privés – des fonds de recherche des entreprises et des fondations privées en Israël et à l’étranger – est allé à sept universités israéliennes listées dans le rapport annuel publié la semaine dernière par le Bureau central des statistiques d’Israël.

Mais l’argent n’est pas réparti de manière égale entre les institutions ; le grand « gagnant » est l’Université hébraïque, qui a obtenu 464 millions de shekels, ce qui représente plus de 70 millions de shekels en plus que pour l’année scolaire 2013.

Elle est suivie par l’Université de Tel-Aviv qui a obtenu 373 millions de shekels, l’Institut Weizmann qui a reçu 287 millions de shekels, le Technion lui a réuni 242 millions de shekels, l’université Ben-Gourion 204 millions de shekels, l’université Bar-Ilan 105 millions de shekels et l’université de Haïfa a reçu 78 millions de shekels.

Dans l’ensemble, 54 % du financement externe est allé à la recherche scientifique, 10 % à la recherche médicale, 16 % à l’architecture et l’ingénierie, 4 % à l’agriculture, et 15 % aux sciences sociales.

L’université hébraïque a obtenu les fonds dans cette dernière catégorie, qui inclut l’éducation, le droit, la psychologie et la science et la recherche médicale. L’Institut Weizmann a collecté les fonds dans la recherche informatique, la physique et la biologie.

« Le niveau élevé de la recherche à l’Université hébraïque est la raison pour laquelle la faculté est capable de collecter de grandes sommes d’argent provenant de sources externes », a déclaré le professeur Isaac Ben-Israel, le président du Comité national pour la recherche et le développement.

« Le montant global des fonds recueillis par les universités israéliennes est une preuve de respect pour le travail que nous faisons ici en Israël, mais c’est aussi inquiétant, parce que le fait que les universités aient besoin de lever des fonds à partir de sources externes signifie que le gouvernement ne fournit pas suffisamment de fonds pour la recherche. »

Yirmiya partage cette opinion. Les institutions israéliennes ont longtemps été privées de financement pour la recherche, les dépenses de recherche sont à la hausse et cela a un effet négatif sur la qualité du travail qui se fait ici, déplore-t-elle.

« Les universités israéliennes ont baissé cette année sur l’indice de Shanghai », qui est considéré un des classements les plus fiables des établissements d’enseignement.

En 2014, par exemple, l’Université hébraïque a été classée à la 70e place dans le classement de la meilleure institution de l’enseignement supérieur dans le monde – ce qui est décevant par rapport à la 59e place qu’elle occupait en 2013.

L’Institut Weizmann, l’université de Tel-Aviv, l’université Bar-Ilan et l’université Ben Gourion ont tous baissé dans le classement (sauf le Technion qui a légèrement progressé).

Un nouveau gouvernement sera formé dans les prochaines semaines. Il incombe aux responsables de prêter attention à la question du financement de la recherche universitaire, a déclaré Yirmiya.

« L’un des objectifs du ministère est d’aider les institutions à réunir plus d’argent et favoriser des liens avec les institutions et les gouvernements étrangers », une étape qui aidera [à couvrir le manque de financement], explique Yirmiya ; mais en dernière analyse, les programmes de recherche universitaire d’Israël sont de la responsabilité d’Israël.