La communauté juive d’Espagne a félicité le gouvernement pour avoir approuvé un projet de loi visant à faciliter la naturalisation des descendants de Juifs séfarades expulsés du pays en 1492.

Vendredi, le gouvernement espagnol a approuvé le projet de loi, présenté le mois dernier par le Parti populaire actuellement au pouvoir. Cela « prendra encore du temps » avant d’être transmis au Parlement et d’être approuvé. Mais il devrait être voté sans problème, étant donné que le Parti populaire, dispose de la majorité absolue au Parlement.

La fédération espagnole des communautés juives (FCJE) a publié un communiqué vendredi affirmant que l’acte était le bienvenu. « Le ministre de la Justice Alberto Ruiz Gallardon a tenu sa promesse, » est-il écrit dans le communiqué.

Le projet de loi vise à modifier le Code civil pour faciliter l’obtention de la nationalité espagnole, quel que soit le pays d’origine, dès lors que la personne peut prouver qu’elle est issue de la communauté séfarade, notamment par un certificat de l’Etat civil ou d’un rabbin. Le projet de loi propose donc d’accorder la double nationalité, donnant la possibilité aux personnes pouvant prouver leur ascendance séfarade, de garder leur autre nationalité.

Le ministre de la Justice Alberto Ruiz Gallardon a affirmé que les mesures facilitent les procédures administratives nécessaires pour obtenir la citoyenneté espagnole.

M. Ruiz Gallardon avait annoncé son intention d’introduire cette nouvelle législation en novembre 2012. Son parti, le Parti populaire, a introduit le projet de loi en décembre 2013 après que le Portugal ait adopté sa loi de retour des Juifs en juillet.

En 1492, les Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, ordonnèrent l’expulsion de tous les Juifs qui refuseraient de se convertir au catholicisme.

Le fait d’être séfarade est reconnu comme « circonstance exceptionnelle de lien avec l’Espagne » qui donne droit à une naturalisation. Toute personne concernée pourra conserver sa nationalité d’origine alors qu’auparavant les personnes originaires de certains pays devaient y renoncer.

Le texte « souligne les liens spéciaux entre entre la communauté séfarade et l’Espagne depuis son expulsion en 1492 », a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

« C’est une reconnaissance historique de ce qui s’est passé il y a plus de 500 ans quand les juifs d’Espagne ont été formellement expulsés ou tués s’ils refusaient de se convertir au catholicisme », s’est félicité dans un communiqué Malcom Hoenlein, à la tête de la Conférence des présidents qui représentent 50 organisations juives internationales.

« Les juifs séfarades restent proches de leur héritage, de leurs habitudes et traditions où qu’ils soient dans le monde »

Malcom Hoenlein

« Les juifs séfarades restent proches de leur héritage, de leurs habitudes et traditions où qu’ils soient dans le monde », a-t-il ajouté.

Il est difficile d’établir le nombre des personnes qui pourraient demander à bénéficier de la nouvelle mesure, avait déclaré le ministre de la Justice, Alberto Ruiz-Gallardon, en présentant son projet en novembre 2012.

Il avait toutefois signalé que selon des études, il y a actuellement dans le monde environ 250.000 personnes qui parlent le dialecte judéo-espagnol.