Ian Brossat, adjoint au maire de Paris, est également le petit-fils de Marcus Klingberg, espion soviétique considéré comme l’espion ayant causé le plus de tort à Israël.

C’est l’histoire de son grand-père, Saba en hébreu, que Ian Brossat raconte dans son roman « L’Espion et l’Enfant » publié aux éditions Flammarion.

Dans cet ouvrage, ce militant du Parti communiste, raconte, à travers ses souvenirs d’enfance, les relations qu’il entretenait avec son grand-père et le mystère lié à sa carrière d’espion.

Marcus Klingberg est mort en décembre dernier à l’âge de 97 ans et l’énigme liée à ses agissements contre Israël en faveur de l’ex-URSS reste entière pour son petit-fils.

Né à Varsovie dans une famille ultra-orthodoxe juive, Marcus Klingberg fuit la Pologne au moment de l’invasion nazie en 1939 pour se réfugier en URSS où il étudie la médecine.

En 1941, après l’entrée des troupes allemandes en URSS, il s’enrôle dans l’armée soviétique. Revenu en Pologne à la fin du conflit, il émigre ensuite en Suède puis en Israël peu après sa création en 1948.

Il sert dans les services de santé de l’armée israélienne jusqu’au rang de lieutenant-colonel. Spécialisé en épidémiologie, il intègre l’institut de Nes Ziona en 1957.

Ancien chef adjoint de l’ultra-secret Institut israélien pour la recherche biologique installé à Nes Ziona, au sud de Tel-Aviv, Marcus Klingberg a été condamné en 1983 à 20 ans de prison pour avoir livré à Moscou des informations sur les recherches menées par Israël dans le domaine des armes biologiques, selon des experts militaires étrangers.

Pendant des années, Marcus Klingberg avait déjoué toutes les tentatives du réputé contre-espionnage israélien pour le confondre. Son dossier était à ce point sensible que son arrestation, son procès et sa condamnation ont été tenues secrètes pendant une dizaine d’années.

« L’Espion et l’Enfant » essaye de retracer, grâce au regard d’un enfant, l’histoire d’un grand-père agent double, qui a trahi la patrie ou il avait choisi d’immigrer pour la patrie qui lui a sauvé la vie.

Klingberg a toujours dit avoir agi pour des motivations idéologiques et non financières.

« C’était un communiste qui a agi par conviction et par reconnaissance envers l’Armée rouge pour lui avoir permis de combattre les nazis qui ont massacré toute sa famille en Pologne,» a déclaré sa fille Sylvia au lendemain du décès de son père.

L’AFP a contribué à cet article.