L’État islamique a commencé à défigurer et à détruire des anciens objets historiques dans la ville de Palmyre.

Dans des images, des hommes armés de marteaux peuvent être vus brisant une série de sculptures en pierre.

Parmi les statues détruites figure une sculpture rare de Zénobie, la reine du troisième siècle de l’Empire de Palmyre en Syrie, qui a mené une célèbre révolte contre l’Empire romain, selon le Business Times international.

Selon le groupe terroriste, les statues ont été passées en contrebande privée de Palmyre à Homs, au nord de Damas. Le contrebandier était « discipliné », selon la loi islamique, et les objets d’art ont été pris pour la ville de Manbij, dans le district d’Alep, où ils ont été détruits.

« Par la grâce d’Allah, des groupes de l’Etat islamique répartis dans toute la province ont réussi à arrêter dans la province de Homs un individu qui avait en sa possession plusieurs statues de contrebande en provenance de Tadmor [Palmyre en arabe] », peut-on lire dans un communiqué publié en ligne par le groupe.

« Il a ensuite été emmené au tribunal islamique dans la ville de Manbaj où le contrebandier a été jugé et sanctionné dans les limites légales selon la loi islamique, et les statues ont été détruites, avec des remerciements à Dieu avant et après, » a-t-il poursuivi.

Le groupe Etat islamique (EI) a détruit la fameuse statue du Lion d’Athéna, qui se trouvait à l’entrée du musée de Palmyre, a affirmé jeudi à l’AFP le directeur général du département des Antiquités et des musées de Syrie.

« Les membres de l’EI ont détruit samedi le Lion d’Al-Lat (Athéna), qui est une pièce unique de trois mètres de haut pesant 15 tonnes. C’est le plus grave crime commis par les djihadistes contre le patrimoine de Palmyre », a indiqué Maamoun Abdelkarim.

La statue en calcaire a été découverte en 1977 par une mission archéologique polonaise dans le temple d’Al-Lat et date du 1er siècle avant J.C.

« Nous l’avions recouverte d’une plaque de fer et entourée de sacs de sable car nous voulions la protéger des bombardements mais jamais nous n’avions imaginé que l’EI viendrait dans la ville pour la détruire », a-t-il ajouté.

Le lion d'Athéna à Palmyre (Crédit : wikipédia)

Le lion d’Athéna à Palmyre (Crédit : wikipédia)

Fin mai, les djihadistes ont pris aux forces du régime syrien la ville de Palmyre (centre), qui abrite des ruines antiques mondialement connues et classées par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.

Depuis la prise de la ville, la communauté internationale craint que l’EI détruise les nombreux trésors archéologiques de sa cité antique, baptisée la « perle du désert syrien », à l’instar de ce que le groupe ultraradical sunnite a fait ces derniers mois en Irak.

Par ailleurs, l’EI a annoncé jeudi avoir détruit plusieurs statues palmyriennes saisies chez un trafiquant qui les transportait dans la province d’Alep (nord).

« Un poste de contrôle de l’EI dans la wilayat d’Alep a arrêté une personne qui transportaient plusieurs statues venant de Palmyre. Le coupable a été conduit au tribunal islamique de la ville de Menbej (à l’est d’Alep) qui a décidé de punir le trafiquant et de détruire les statues », a affirmé l’EI dans un communiqué.

Le texte est accompagné des photos où l’on voit des djihadistes détruire à coups de pioche les statues et fouetter le trafiquant.

« Il s’agit de huit statues volées à Palmyre dans les tombes. La destruction est pire que le vol car c’est irrécupérable », a expliqué Maamoun Abdelkarim.

Un vaste trafic d’objets antiques provenant de Palmyre avait commencé avant même l’arrivée de l’EI puisque le service des Antiquités avait récupéré 1 320 pièces volées, selon le directeur des Antiquités et musées de Syrie.

La version rigoriste de l’islam sunnite prônée par l’EI proscrit formellement la visite de sites archéologiques ou historiques et considère les statues humaines ou animales comme de l’idolâtrie.

AFP a contribué à cet article.