L’Etat rouvre l’enquête sur un enseignant bédouin abattu par des policiers
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L’Etat rouvre l’enquête sur un enseignant bédouin abattu par des policiers

Au vu de nouvelles informations, le Département des enquêtes de la police a demandé de réexaminer les événements au cours desquels l'officier a été renversé et tué

Le véhicule qui a tué un policier israélien dans le village bédouin d'Umm al-Hiran dans le désert du Negev, dans le sud d'Israël, le 18 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le véhicule qui a tué un policier israélien dans le village bédouin d'Umm al-Hiran dans le désert du Negev, dans le sud d'Israël, le 18 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le ministère public a demandé mardi au ministère de la Justice de rouvrir une enquête sur le meurtre d’un enseignant bédouin tué par la police lors d’une opération de démolition de maisons dans son village au début de l’année.

Au vu de nouvelles preuves, le département des enquêtes de la police du ministère public a été invité à réexaminer les événements entourant la mort de Yaqoub Mousa Abu Al-Qia’an, qui a été tué par la police à Umm al-Hiran lors d’un incident nocturne. La voiture a foncé sur les officiers, tuant l’un d’eux.

Une enquête de six mois menée par le département des enquêtes de la police a conclu en août qu’il n’y avait eu aucune indication selon lesquelles les officiers avaient agi de façon criminelle en abattant Abu Al-Qia’an. Les conclusions ont été transférées au procureur général, qui n’a pas encore décidé s’il y a matière à porter plainte.

La Dixième chaîne a rapporté mardi que les nouvelles preuves concernant les tirs qui ont tué Abu Al-Qia’an et une balle à bout portant qui aurait blessé légèrement le député Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, lors des manifestations au cours du mois de janvier contre la démolition de dix-huit maisons.

Au cours des deux derniers jours, plusieurs officiers ont été interrogés, selon le rapport. Le dossier d’enquête sera finalement renvoyé aux procureurs avec une conclusion mise à jour par la police.

Yaqoub Mousa Abu al-Qia’an (Crédit : autorisation)
Yaqoub Mousa Abu al-Qia’an (Crédit : autorisation)

L’incident a eu lieu tôt le matin du 18 janvier lorsque la police est arrivée pour superviser la démolition de maisons dans le village bédouin non-reconnu, que l’État cherchait à retirer pour ouvrir la voie à une nouvelle localité juive.

Alors que les officiers convergeaient vers Umm al-Hiran, Abu Al-Qia’an, 47 ans, enseignant et père de 12 enfants, a rangé quelques affaires dans son véhicule et a quitté sa maison en disant à ses amis qu’il ne voulait pas assister à sa destruction. Peu de temps après, le véhicule avec Abu Al-Qia’an au volant a percuté un groupe d’officiers, tuant le 1er Sgt. Erez Levi, 34 ans. Abu Al-Qia’an a été alors abattu par la police.

Immédiatement après l’incident, le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, et la police ont affirmé qu’Abu Al-Qia’an était un terroriste inspiré par le groupe État islamique qui a été abattu après avoir délibérément foncé avec son véhicule contre les policiers.

L’accusation avait été démentie avec véhémence par sa famille, qui a fait valoir qu’il avait été abattu avant que sa voiture accélère, ce qui l’a amené à perdre le contrôle du véhicule.

Des activistes et d’autres ont déclaré que la police avait fait un usage excessif de la force, soulignant ce qu’ils qualifiaient de racisme institutionnalisé à l’encontre des Arabes, y compris des Bédouins.

Le dirigeant de la Liste arabe unie, le député Ayman Odeh, qui a été blessé lors d’une manifestation contre les démolitions de maisons dans la ville du Néguev d’Umm al-Hiran le 18 janvier 2017. Ici, il tient la balle entourée de mousse qui l’a blessé (Crédit : Autorisation de la Liste arabe unie)

Zehava Galon, la dirigeante du parti Meretz qui a récemment abandonné son siège parlementaire, a déclaré à la Dixième chaîne que la police tentait de dissimuler ce qui s’était vraiment passé.

« La police a tout fait pour que la vérité n’éclate pas », a-t-elle dit.

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