Le gouvernement devrait approuver le dédommagement des habitants de l’avant-poste illégal d’Amona, en Cisjordanie, qui doit être démantelé le 25 décembre d’après un ordre de la Haute cour de justice.

Chaque famille qui sera évacuée de l’avant-poste, construit sur des terrains palestiniens privés, recevra une compensation financière d’environ 500 000 shekels (environ 122 000 euros), en fonction de la valeur estimée de la propriété évacuée, a annoncé la Deuxième chaîne.

La décision de dédommagement du gouvernement a été prise après que le projet de loi dit de régulation, qui cherche à légaliser les implantations construites sur des terrains palestiniens, a été voté cette semaine en première lecture à la Knesset, sans une clause qui aurait assuré la reconnaissance d’Amona et contourné le jugement de la cour ordonnant son démantèlement.

Jeudi, des dizaines d’habitants d’Amona, qui en compte environ 300, ont manifesté devant la Haute cour, en demandant la fin de sa « dictature ».

 L'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie, le 28 novembre 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, le 28 novembre 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Naftali Bennett, ministre de l’Éducation et président du parti pro-implantations HaBayit HaYehudi, a demandé aux habitants d’Amona de ne pas résister à l’évacuation, mais le gouvernement craint cependant que le processus ne se passe pas sans accroc.

Jeudi, les habitants d’Amona ont envoyé un message aux Israéliens habitant dans la même région de Cisjordanie pour dire que l’évacuation aurait probablement lieu samedi soir, après Shabbat, et leur demandant de les aider à résister à l’évacuation. Des sources proches du Premier ministre ont cependant déclaré vendredi que l’évacuation n’aurait pas lieu samedi.

Des avocats du gouvernement devraient demander dimanche à la Haute cour un délai d’un mois pour évacuer l’avant-poste, a annoncé vendredi la radio publique israélienne.

L’affaire a été présentée à de multiples reprises devant la Haute cour ces 15 dernières années. En décembre 2014, après plusieurs appels et délais, la cour avait ordonné l’évacuation de l’avant-poste dans les deux ans, avec une date limite fixée au 25 décembre 2016. Elle a déjà rejeté une demande de repousser de huit mois le démantèlement d’Amona.

Netanyahu a déclaré que le report de l’évacuation était nécessaire pour préparer des solutions de relogement temporaire pour la quarantaine de familles qui sera expulsée de l’avant-poste.