L’ex-homme fort de la bande de Gaza, Mohammad Dahlane, tombé en disgrâce auprès du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a été condamné à deux ans de prison ferme pour diffamation par un tribunal palestinien, selon un jugement publié mardi.

Cette peine, si elle devenait définitive, interdirait à Mohammad Dahlane de briguer la succession de M. Abbas, qui a exclu de de se représenter.

Il a été condamné le 6 mars pour diffamation et calomnie à l’encontre des services de sécurité, une décision publiée mardi par un quotidien palestinien, et susceptible d’appel.

L’immunité de Mohammad Dahlane, député au Conseil législatif palestinien, avait été levée à la suite de son exclusion en 2011 du Fatah, le mouvement de Mahmoud Abbas, sur des accusations de corruption et de meurtres, qui l’avaient conduit à s’exiler aux Emirats arabes unis.

Récemment, Mahmoud Abbas et Mohammad Dahlane se sont mutuellement accusés d’implication dans la mort du dirigeant historique palestinien Yasser Arafat, décédé le 11 novembre 2004.

Le colonel Dahlane, considéré comme le protégé des Etats-Unis, ministre chargé de la Sécurité intérieure après avoir dirigé la Sécurité préventive dans la bande de Gaza, était tombé en disgrâce en raison de la déroute de ses forces face aux combattants islamistes du Hamas en juin 2007 à Gaza, où il est désormais persona non grata.

Il était ensuite progressivement revenu dans le jeu politique à la faveur de son élection au Comité central du Fatah lors du Congrès du mouvement en août 2009.

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dominée par le Fatah, et le Hamas, ont signé le 23 avril un nouvel accord pour mettre fin à la division politique depuis 2007 entre la Cisjordanie, dont l’Autorité palestinienne administre les zones autonomes, et Gaza, contrôlé par le mouvement islamiste.

Reprenant les termes de précédents accords de réconciliation depuis trois ans, mais restés lettre morte, ce document prévoit notamment la formation sous cinq semaines d’un gouvernement de consensus composé de personnalités indépendantes, sans mandat politique.