Des dizaines de proches et d’amis souriants se sont rassemblés à Kiryat Malachi pour accueillir l’ancien président et violeur condamné Moshe Katsav, après sa libération anticipée de prison mercredi.

« C’est un jour de grand bonheur », a déclaré au site d’informations Ynet un membre de la famille qui attendait dehors l’arrivée de l’ancien chef d’Etat disgracié.

Ses amis se sont précipités pour embrasser et donner des fleurs à un Katsav souriant quand il est sorti de sa voiture avec son épouse Gila.

« C’est si agréable de voir enfin un sourire sur son visage. Je ne l’ai pas vu sourire depuis des années », a déclaré un autre proche.

Katsav a été libéré mercredi de la prison Maasiyahu. Le procureur de l’Etat n’a pas fait appel de la décision prise dimanche par le comité de probation de le libérer après qu’il a purgé cinq années d’une peine de prison de sept ans.

Tous les Israéliens n’ont cependant pas accueilli avec enthousiasme la libération anticipée de Katsav.

Shelly Yachimovich, députée de l’Union sioniste, a déclaré que les images de Katsav quittant Maasiyahu étaient difficiles pour les victimes d’agression sexuelle.

L'ancien président Moshe Katsav avec son épouse Gila et ses soutiens après sa libération de la prison Maasiyahu, le 21 décembre 2016. (Crédit : Aloni Mor/Flash90)

L’ancien président Moshe Katsav avec son épouse Gila et ses soutiens après sa libération de la prison Maasiyahu, le 21 décembre 2016. (Crédit : Aloni Mor/Flash90)

« Les images aujourd’hui du violeur condamné Moshe Katsav libéré avec deux ans d’avance sont difficiles pour ses victimes, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Ces images sont insupportables pour toutes les victimes d’agression sexuelle. La société israélienne traverse une réforme impressionnante sur les crimes sexuels, et je ne peux qu’espérer que ces images ne briseront pas mentalement les victimes. »

Gila Ashrat, présidente de la WIZO Israël, a déclaré que la libération anticipée de Katsav pourrait dissuader d’autres victimes de viol de porter plainte.

« Aujourd’hui, un violeur condamné revient dans la société israélienne. Sa libération anticipée sans expression de remords est un abus de la confiance de la population dans la justice, a déclaré Ashrat. C’est un jour noir pour les centaines de milliers de victimes d’agression sexuelle, dont beaucoup n’osent pas se plaindre. »

Selon les termes de sa libération anticipée, Katsav n’a pas le droit de parler aux médias avant décembre 2018, le moment où sa peine de sept ans aurait pris fin. L’ancien président n’a pas non plus le droit de quitter le pays, ni son domicile de Kiryat Malachi entre 22h00 et 6h00. De plus, Katsav devra passer par une rééducation et rendre visite à un psychologue une fois par semaine, et assister à des sessions quotidiennes d’étude de la Torah.

La décision de dimanche a été prise alors que Katsav, condamné pour viol et agressions sexuelles en 2010, s’était vu refuser deux demandes de libération anticipée, car il n’avait ni avoué ses actes, ni exprimer de regrets. Le comité de probation a déclaré qu’il avait à présent entrepris plusieurs mesures qui indiquent qu’il regrette ses actions.

Comparaissant la semaine dernière devant le comité de probation, Katsav a reconnu qu’il avait agit de manière « inappropriée » envers les femmes qui l’ont accusé, selon la radio publique israélienne. Il se serait effondré en larmes, en disant qu’il devait changer son comportement.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.