Une nouvelle instance de dialogue avec les représentants de l’islam de France va être mise en place « d’ici l’été », a annoncé mercredi le gouvernement français, une décision qui survient près de deux mois après les attentats meurtriers de Paris.

Cette instance rassemblera le Conseil français du culte musulman (CFCM), créé en 2003 déjà sous l’égide du gouvernement, ainsi que des imams et des intellectuels « représentatifs d’un islam modéré de tolérance », a précisé le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Le Premier ministre Manuel Valls avait annoncé le 12 février un cycle de consultations sur l’avenir de l’organisation du culte musulman en France, alors que le CFCM peine à répondre aux besoins de la plus importante communauté musulmane d’Europe, estimée à 5 millions de personnes.

Cette nouvelle instance se réunira « deux fois par an autour du Premier ministre » pour « traiter de questions précises » telles que la formation des imams ou l’abattage rituel par exemple, « dans le respect rigoureux des principes de la laïcité », a ajouté le ministre de l’Intérieur.

Cazeneuve a insisté « sur la compatibilité de l’Islam et de la République ». Il faut « que tous ceux qui sont attachés aux principes républicains de l’Islam de France puissent le dire ». « Cela suppose une application stricte et rigoureuse de la laïcité et des lois de la République » sur lesquelles il ne saurait être tolérée « aucune faiblesse », a-t-il rappelé.

Les pouvoirs publics s’inquiètent d’une montée de l’islamisme radical parmi une partie de la jeunesse, révélée par les attentats djihadistes des 7 au 9 janvier à Paris (17 morts au total) et le départ de centaines de Français vers la Syrie ou l’Irak pour rejoindre les rangs du groupe Etat islamique.

La laïcité suppose aussi « que la République protège tous ses enfants, et notamment les mosquées de tous les actes antimusulmans », a ajouté le ministre de l’Intérieur, rappelant qu’il y avait eu en janvier « autant d’actes antimusulmans que pendant tout 2014 ».

Cazeneuve a aussi annoncé le développement de « diplômes universitaires accessibles aux imams », qui seront notamment exigés pour les aumôniers recrutés par l’Etat pour exercer à l’armée et dans les prisons.