Du terrible meurtre de Sarah Halimi, dont le patronyme rappelle le supplice du jeune Ilan Halimi en janvier 2006, au massacre de Toulouse à celui de l’Hyper Casher, et enfin à l’agression de cette famille juive à Livry-Gargan, L’Express s’attaque au dernier numéro de septembre « nouveau malaise des français juifs« , sur le ton du dossier-choc auquel L’Express a habitué son lectorat.

Barrant sa Une d’une étoile de David aux couleurs de la France, l’hebdomadaire se veut l’écho d’un sentiment d’inquiétude dû au retour de crimes antisémites basés sur de vieux poncifs – non pas la haine d’Israël, mais l’amalgame juif-argent – mais aussi d’un sentiment d’abandon relatif à la relativement faible mobilisation suite à ces crimes anti-juifs.

Interrogée sur une double page, la philosophe Elisabeth Badinter revient sur le déclencheur que fut la mort de Sarah Halimi dans son nouvel engagement pour les juifs de France.

« Je n’ai pas compris comment en France, on a pu passer sous silence pendant deux longs mois un acte aussi atroce, » explique-t-elle. Et cela l’a amenée « à une réflexion profonde, puis à une prise de parole dont je n’avais pas nécessairement envie jusqu’alors. J’y étais réticente car je ne veux en aucune sorte porter ombrage à mon pays vis-à-vis de l’étranger ».

Mais, dit-elle, « après Sarah Halimi, oui, j’ai ressenti le besoin de parler ».