Le chef de l’Etat, qui a tenu plusieurs réunions de crise avec les ministres régaliens (Intérieur, Défense, Justice, Affaires étrangères) et les principaux responsables des services de police, de gendarmerie et de renseignements, doit gérer une crise que certains ont comparé à un « 11-Septembre » de la presse.

« Hollande face à son 11-Septembre », résumait ainsi jeudi le quotidien populaire Le Parisien.

Jusqu’ici et notamment en 2014, son mandat a été surtout marqué par de vives contestations sur son cap économique. Sa vie privée avait aussi été mise à mal avec l’étalage de sa relation difficile avec Valérie Trierweiler qu’il a quitté il y a un an.

Premier interlocuteur invité avant d’autres responsables politiques, son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy (2007-2012), à la tête du parti UMP et qui se pose en rival pour l’élection présidentielle de 2017, a échangé avec le chef de l’Etat une poignée de mains sur le perron de l’Elysée.

C’est la première fois que Sarkozy se rendait au siège de la présidence depuis la passation de pouvoirs en mai 2012.

« C’était mon devoir de répondre à cette invitation » pour « montrer le climat d’unité nationale face à l’attaque menée par des fanatiques déterminés contre la civilisation, la République et contre des idées qui nous sont chères », a déclaré Nicolas Sarkozy à l’issue de la rencontre.

Laissant ostensiblement de côté les querelles partisanes, l’ex-président a évoqué la nécessité d’améliorer le dispositif de vigilance de la France contre la menace terroriste « pas dans l’opposition entre la gauche et la droite mais dans un souci de protection des Français ».

« C’est une guerre qui est déclarée à la civilisation et la civilisation a la responsabilité de se défendre », a-t-il conclu.

D’autres responsables de partis représentés au Parlement devaient être reçus dans la journée. François Hollande recevra en outre vendredi les principaux dirigeants des partis politiques ne disposant pas d’un groupe au Parlement: la présidente du parti d’extrême droite Front national, Marine Le Pen, le centriste François Bayrou et le président du parti de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Plusieurs partis de gauche ont appelé à une « marche républicaine » dimanche. Convié par le Premier ministre Manuel Valls à y participer, l’UMP s’associera « si les conditions sont réunies », a répondu Nicolas Sarkozy en évoquant la nécessité d’un climat de « recueillement, de rassemblement ».

Le Front national, dont les succès électoraux l’an dernier menacent la majorité socialiste au pouvoir comme l’opposition de droite dans la perspective de la présidentielle de 2017, n’a en revanche pas été convié à ce stade.

« J’attends que mon téléphone sonne pour que le Premier ministre invite évidemment la représentante d’un parti qui a fait 25% aux dernières élections à se rendre à cette manifestation d’unité nationale », a commenté jeudi Marine Le Pen, dont le parti prône notamment la lutte contre l’immigration.

Elle a rappelé que son parti avait participé à la cérémonie d’hommage aux victimes du jihadiste français Mohamed Merah en mars 2012 à Toulouse (sud-ouest), à l’initiative de Nicolas Sarkozy.

« Aujourd’hui il y a d’autres sujets » et la réponse sera donnée « le temps venu » même si « la philosophie, c’est une unité nationale », a botté en touche un membre de l’entourage du Premier ministre.