Après une série de retards, l’hôpital de campagne de l’armée israélienne à Katmandou commencera à soigner mercredi matin ceux qui ont été blessés dans le terrible tremblement de terre du week-end. Cela représentera l’effort d’aide le plus important apporté par Israël à l’étranger.

L’ouverture de l’hôpital interviendra un jour après que les équipes israéliennes ont commencé leurs opérations de recherche et de secours – même s’elles n’ont pas trouvé de survivants.

Le porte-parole de l’armée a déclaré que l’hôpital, situé à côté de l’hôpital militaire népalais, sera opérationnel à 8h30 heure locale et traitera les milliers de victimes népalaises blessées dans le tremblement de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter. Le tremblement a déjà coûté la vie à plus de 5 000 personnes (dernier bilan de mardi après-midi).

Les officiels népalais s’attendent à ce que le nombre de morts dépass 10 000. Environ 8 000 personnes ont été blessées tandis que les Nations unies estiment que huit millions de personnes ont été affectées.

L’hôpital et l’équipe israélien ont atterri à Kathmandu mardi matin, après qu’une série de fortes répliques ont retardé le vol d’un jour. Les soldats ont immédiatement commencé à mettre en place les installations, explique le colonel Yoram Laredo, qui dirige l’effort d’aide de l’armée.

« Nous avons atterri à l’aube à Kathmandu et nous avons immédiatement déballé l’équipement. Nous continuons à nous organiser, à installer l’hôpital de campagne, et à nous occuper des autres questions, y compris la question de localiser les Israéliens, a déclaré Laredo dans un appel avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu mardi. Chaque Israélien qui vient nous rencontrer se verra pris en charge. Je voudrais souligner que nous sommes très motivés et prêts pour remplir notre mission, nous sommes fiers de représenter l’État et espérons sauver des vies et réussir notre mission. »

L’armée a envoyé une équipe de 230 personnes ; environ 130 professionnels médicaux opéreront dans l’hôpital de terrain. Les autres soldats et réservistes ont commencé les opérations de recherche et de secours.

Les unités de recherche et de secours sont allées sur leur première mission mardi mais n’ont pas trouvé de survivants, a déclaré la porte-parole de l’armée Libby Weiss par téléphone depuis Katmandou.

« L’hôpital de terrain traitera les divers types de pathologies qui se présenteront, y compris grâce à une unité de chirurgie, d’obstétrique, un laboratoire pour les analyses de sang, et d’autres pathologies médicales, explique Weiss. Nous avons aussi un ophtalmologue et d’autres types de spécialistes. »

Il y aura 60 lits et la capacité de traiter au moins 200 personnes par jour.

Selon la deuxième chaîne, l’hôpital de terrain sera le plus grand jamais mis en place par Israël. L’armée a déjà mis en place des hôpitaux de terrain dans des zones sinistrées d’Haïti, des Philippines et du Japon à la suite de catastrophes naturelles.

Les équipes médicales ont noté que les catastrophes naturelles ont souvent entraîné les femmes à accoucher en avance, c’est pourquoi une unité obstétricienne est essentielle, a déclaré Weiss.

En plus de fractures et des blessures d’organes internes, certaines personnes secourues des décombres souffrent également d’hypotermie.

L’hôpital de terrain est situé à côté de l’hôpital militaire népalais, et l’ambassade israélienne coordonne la coopération entre les hôpitaux népalais et israéliens.

Mardi, les équipes de recherche et de secours ainsi que des unités canines ont fouillé trois immeubles effondrés à la recherche de survivants.

Les équipes de recherche et de secours de l’armée ont aussi essayé de prendre contact avec les neufs Israéliens partis pour de treks lointains et qui n’ont toujours pas contacté les autorités ou leurs parents.

Ceux qui ne travaillent pas à la recherche des Israéliens resteront dans la zone de Kathmandu. « Une partie importante de la zone qui nous entoure est constituée d’immeubles effrondrés et d’infrastructures fortement endommagées, les routes sont complètement ravagées », explique Weiss.

Weiss a ajouté qu’au moins quatre Israéliens ayant fini l’armée et qui voyageaient au Népal ont contacté l’hôpital de terrain pour proposer leurs services comme volontaires.

Weiss a déclaré que l’armée n’avait pas fixé de date limite pour savoir combien de temps l’hôpital serait opérationnel. Lors de l’ouragan aux Philippines, l’hôpital de terrain de l’armée avait fonctionné pendant une semaine et demie, et pour le tremblement de terre en Haïti, l’hôpital avait était en activité pendant trois semaines.

IsraAID a également envoyé une équipe de 15 experts en recherche et en secours qui ont quitté Israël mardi.

« Les sept prochains jours sont cruciaux si nous voulons sauver des gens qui sont encore ensevelis sous les décombres ou bloqués dans des endroits éloignés, a expliqué Eran Magen, le chef de l’équipe de recherche et de secours d’IsraAID.

L’équipe d’aide d’urgence d’IsraAID s’est rendue vers la zone à l’écart de Gongabu, une des plus durement frappées dans la capitale. Les équipes de chercheurs y ont aidé des familles dévastées à retrouver des corps dans les décombres.

Quand la deuxième équipe arrivera mercredi, les deux équipes partiront pour le district de Sindhupalchowk, l’une des zones les plus touchées du Népal, qui n’a pas encore reçu d’aide.

De nombreuses zones rurales sont isolées parce que le tremblement de terre a détruit les routes. Les glissements de terrains provoqués par les répliques bloquent plus encore les routes.

Le sol ne cesse de trembler et les gens n’osent pas rentrer chez eux.

« Il y a tant de peur et de confusion », constate Bijay Sreshth, qui s’est réfugié avec ses trois enfants, sa femme et sa mère dans un parc.

Les hôpitaux sont débordés et les médecins sont mobilisés 24 heures sur 24 pour soigner les blessés dans des conditions très difficiles. Les morgues arrivent à saturation.

Quant à l’unique aéroport international, sa congestion rend difficile l’arrivée des équipes de secours et du matériel. Des Japonais ont ainsi dû s’y reprendre à trois fois avant de pouvoir y faire atterrir leur appareil.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a donné son feu vert à une opération d’aide d’urgence d’un coût de 116,5 millions de dollars consistant à fournir un soutien alimentaire à 1,4 million de personnes ces trois prochains mois, le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF) de l’ONU s’est engagé à hauteur de 15 millions de dollars, la Norvège de 15,5 millions d’euros, les Etats-Unis de 10 millions de dollars et le Japon de huit millions.

Le Népal, à l’instar de tout le reste de l’Himalaya, où se rencontrent les plaques tectoniques indienne et eurasienne, est une région à forte activité sismique.

En août 1988, un séisme de magnitude 6,8 avait fait 721 morts dans l’est du pays. En 1934, 10.700 personnes avaient perdu la vie, au Népal et en Inde, dans un tremblement de terre de magnitude 8,1 .