Le Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé qu’il se rendra mardi en Egypte pour rencontrer le président Abdel Fattah al-Sissi, en pleine crise née de sa démission annoncée il y a deux semaines depuis Ryad.

« J’effectue une visite mardi en Egypte pour rencontrer le président de la République, l’ami Abdel Fattah al-Sissi », a-t-il tweeté en début de soirée.

« Le but est de poursuivre la série de consultations arabes et internationales » au sujet du Liban, a indiqué à l’AFP une source proche de M. Hariri.

M. Hariri se trouve actuellement à Paris après être resté deux semaines en Arabie saoudite après l’annonce de sa démission, ce qui avait suscité d’intenses spéculations sur sa liberté de mouvement.

Sa visite en Egypte interviendra en pleine tension entre l’Arabie saoudite, parrain de M. Hariri, et l’Iran, soutien de son grand rival libanais le groupe terroriste chiite du Hezbollah.

Ryad a tiré dimanche à boulets rouges sur Téhéran lors d’une réunion de la Ligue arabe au Caire, affirmant que le royaume ne resterait pas « les bras croisés » face à ce qu’il a qualifié de « politique agressive » de l’Iran dans la région.

Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Cheikh Khalid Bin Ahmed Al-Khalifa, lors d’une réunion au siège de la Ligue arabe au Caire, la capitale égyptienne, le 19 novembre 2017. (Crédit : AFP / KHALED DESOUKI)

Cheikh Khaled ben Ahmad Al-Khalifa, ministre bahreïni des Affaires étrangères, a estimé de son côté que le Liban est sous le « contrôle total » du Hezbollah, accusé par la Ligue arabe d’être une « organisation terroriste ».

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, doit s’exprimer lundi à 18H00 (16H00 GMT) sur la crise au Liban et les tensions entre les deux puissances régionales.

Après Le Caire, M. Hariri est attendu mercredi à Beyrouth, où il a dit qu’il allait s’exprimer sur sa démission annoncée le 4 novembre de Ryad, une décision qui avait pris de court l’ensemble de la classe politique libanaise, y compris ses conseillers.

L’annonce de sa démission choc avait très rapidement été perçue comme un nouveau bras de fer Ryad et Téhéran.

Le fait que M. Hariri ait annoncé sa démission de Ryad et qu’il soit resté en Arabie Saoudite pendant deux semaines avait soulevé de nombreuses questions. Le président libanais Michel Aoun avait accusé les Saoudiens de le retenir en « otage », ce que l’intéressé a démenti.

Ancienne puissance mandataire du Liban, la France a joué les médiateurs et le président Emmanuel Macron a invité à Paris M. Hariri et sa famille afin de tenter de sortir de l’impasse.

Après la réception de M. Hariri à l’Elysée samedi, la présidence française a mis l’accent sur sa volonté de « contribuer à apaiser les tensions dans la région ».