La justice libanaise a demandé vendredi la peine de mort pour Ahmad Assir, un cheikh sunnite radical hostile au Hezbollah chiite, en fuite depuis des combats sanglants l’été dernier entre ses partisans et l’armée, a-t-on appris de source judiciaire.

Le premier juge d’instruction militaire, Riad abou Ghida a requis la peine de mort contre le cheikh Assir et 53 autres personnes, dont l’ex-crooner devenu islamiste, Fadel Chaker, pour leur implication dans les affrontements à Abra, dans le sud du Liban, dans lesquels 18 soldats et 11 hommes armés ont été tués.

Ils sont accusés « d’avoir formé des groupes armés qui ont attaqué une institution de l’Etat, l’armée, d’avoir tué des officiers et des soldats et d’avoir été en possession de matières explosives et d’armes légères et lourdes utilisées contre l’armée », selon l’acte d’accusation.

Le juge a requis également des peines de prison contre une vingtaine d’autres personnes impliquées, selon la même source.

Cheikh Assir et un nombre de ses partisans, dont Fadel Chaker, sont parvenus à fuir après les combats meurtriers du 23 juin dernier.

Avant ces affrontements, ce religieux s’était fait connaître par ses diatribes violentes contre le Hezbollah, qui participe aux combats en Syrie aux côtés du régime contre les rebelles, en majorité sunnites.

Depuis qu’il est en fuite, le cheikh a diffusé plusieurs enregistrements audio et tweeté de nouvelles critiques contre le Hezbollah, son parrain iranien mais aussi contre l’armée libanaise qu’il accuse d’en être « complice » aux dépens de la communauté sunnite.

Le conflit syrien a exacerbé les tensions entre sunnites et chiites au Liban, les premiers étant partisans de la rébellion et les autres appuyant le régime de Bachar al-Assad.