Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a lancé lundi une critique sévère du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour ce qu’il a appelé « l’escalade de sa rhétorique », disant également que le leader palestinien avait « perdu tout contact avec la réalité », qu’il n’avait pas l’intention de parvenir à un accord de paix final avec Israël, et ne représentait pas le peuple palestinien.

« C’était vraiment un message de haine et d’incitation à la haine. Il est clair qu’il n’a pas l’intention de faire la paix avec Israël, et ce n’est pas la première fois [qu’il se prononce contre Israël] » a déclaré le ministre des Affaires étrangères à des journalistes en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, et qui se référait au discours d’Abbas vendredi.

Abbas dans son discours à l’ONU avait entre autres accusé Israël d’avoir commis un « génocide » contre les habitants de Gaza au cours de la guerre de 50 jours contre le Hamas qui s’est achevée le mois dernier.

Liberman a poursuivi en décrivant le dirigeant palestinien comme « un homme qui a perdu son chemin », « qui a perdu tout contact avec la réalité» et qui a utilisé une plate-forme internationale pour faire taire les critiques internes.

En outre, Liberman a émis « des doutes sur son pouvoir » au sein de la population palestinienne, arguant de son absence totale d’autorité sur Gaza, et de ses reports d’élections de l’AP pendant des années.

« Je ne suis pas sûr qu’il ait vraiment la légitimité pour parler au nom du peuple palestinien » a déclaré Liberman. Abbas « tente de résoudre ses problèmes intérieurs avec une escalade dans sa rhétorique ; mais il est clair qu’il n’a pas de soutien et qu’il a perdu son chemin » a accusé Liberman.

Liberman a ajouté qu’Israël a prouvé le fait d’être « vraiment prêt » pour un accord de paix, en faisant référence aux accords avec la Jordanie et l’Egypte et à l’évacuation unilatérale de la bande de Gaza, mais a souligné « avoir besoin d’un partenaire de l’autre côté ».

« Nous avons besoin d’un partenaire fiable de l’autre côté, et je suis désolé de dire que nous n’en avons pas. C’est un problème, » a-t-il argumenté. Israël s’est retiré de la bande de Gaza en 2005, et « le résultat est que nous avons souffert de plus de 18 000 tirs de mortiers et d’obus sur Israël depuis le désengagement ».

Le ministre des Affaires étrangères a également abordé le programme nucléaire iranien, soulignant qu’Israël « gardait toutes les options sur la table » dans une allusion à peine voilée à une possible frappe militaire contre les installations nucléaires iraniennes.

« Si les Iraniens atteignent des capacités nucléaires, le résultat immédiat sera une course folle aux armements nucléaires au Moyen-Orient, » a déclaré Liberman.