Le ministre des Affaires étrangères a critiqué, mardi, les ministres israéliens qui ont accepté la proposition égyptienne de cessez-le-feu avec le Hamas.

Dans une attaque à peine voilée contre le Premier ministre sur sa manière de gérer la crise, Liberman a appelé Israël à reprendre Gaza. Il affirme qu’une trêve permettrait au groupe terroriste de se réapprovisionner et fabriquer de nouvelles roquettes.

« Un cessez-le-feu est uniquement [un temps] de préparation pour la prochaine escalade de violence », a déclaré Liberman lors d’une conférence de presse à la Knesset, au moment même où la proposition égyptienne pour un cessez-le-feu agonisait. Le Hamas a continué de tirer des roquettes, une dizaine au total, sur Israël qui, après une pause de six heures, a ordonné la reprise des frappes aériennes sur Gaza.

« Au sujet du rejet total [de la proposition égyptienne], nous devons prendre une décision claire. Toute cette hésitation nous porte préjudice, nous devons aller jusqu’au bout. Il n’y pas d’autres alternatives possibles », déclare Liberman, minant ainsi l’approche de Netanyahu sans pour autant mentionner le nom du Premier ministre.

Le ministre des Affaires étrangères, qui dirige aussi le parti Israël Beytenu, affirme qu’une invasion à grande échelle de la bande de Gaza est nécessaire pour renverser le gouvernement du Hamas. « Le résultat final de cette opération serait que l’armée israélienne contrôle Gaza ».

Mardi matin, Israël a annoncé qu’il acceptait la proposition de cessez-le-feu et qu’il cesserait unilatéralement les frappes aériennes sur Gaza. Cependant, peu de temps après, le Hamas a déclaré qu’il rejetait l’accord et a continué de lancer des roquettes sur tout le pays.

Liberman et le président de Habayit Hayehudi, Naftali Bennett, étaient les seuls membres du cabinet de sécurité à voter contre la proposition pour le cessez-le-feu.

Le ministre des Affaires étrangères a souligné qu’en quittant Gaza, Israël avait agi comme la scène internationale lui avait demandé de le faire. Il est revenu aux frontières d’avant 1967 et a donné le territoire au président Mahmoud Abbas de l’Autorité palestinienne. Qu’il soit tombé dans les mains d’Abbas, affirme Liberman, soulève des questions inquiétantes. « Nous avons retiré nos résidents ; évacué toutes les implantations », indique Liberman. « Nous devons le dire au monde, vous nous avez obligés à faire ça. Maintenant, vous devez nous soutenir pour qu’on aille jusqu’au bout… Nous devons mettre fin à ce conflit avec l’armée qui reprendrait le contrôle de Gaza… Il n’y a pas d’autres moyens de s’attaquer au Hamas et au Jihad islamique qui domine Gaza ».

Les déclarations de Liberman contredisent celles qu’il a faites par le passé sur l’invasion israélienne de la bande de Gaza. Elles semblent davantage être une attaque personnelle contre Netanyahu. Ces propos sur les « tergiversations » sont une référence évidente à la réticence du Premier ministre à ordonner une offensive terrestre.

Lundi dernier (8 juillet 2014), Liberman a officiellement retiré son parti, Israël Beytenu, de la coalition avec le parti de Netanyahu, le Likud. Les deux partis s’étaient associés pour présenter une liste commune aux élections l’année dernière. Liberman a invoqué des différences d’opinion entre lui et le Premier ministre sur la réponse à apporter aux tirs de roquettes de la bande de Gaza pour justifier cette séparation.

Pourtant, le 22 novembre 2012, le lendemain de la signature d’un accord de cessez-le-feu qui a mis fin à l’opération Pilier de défense – huit jours de campagne sans aucune attaque terrestre – Liberman avait loué la décision du gouvernement.

« Nous savons prendre des décisions qui servent l’intérêt national », avait-il déclaré à l’époque. « La force ce n’est pas uniquement frapper mais aussi [savoir] exercer de la retenue ».

La décision du cabinet d’accepter le cessez-le-feu a été sévèrement critiquée par de nombreux députés de la coalition. Beaucoup d’entre eux ont fait écho à l’appel de Liberman de reprendre la bande de Gaza. Le ministre de la Communication, Gilad Erdan, a déclaré que le rejet de l’accord par le Hamas « révèle au monde que le Hamas n’a qu’un seul but, et c’est de tuer autant d’Israéliens que possible ».

Erdan a exhorté l’armée à envahir la bande de Gaza, et à débarrasser l’enclave côtière de l’influence du Hamas.

« Israël doit écraser les infrastructures du Hamas et nous ne devons pas nous arrêter jusqu’à ce que le travail soit fini, jusqu’à ce que les tirs sur les citoyens israéliens s’arrêtent complètement et que la bande de Gaza soit démilitarisée de toutes les roquettes et des tunnels », a-t-il affirmé.

Plus de cinquante roquettes ont été tirées sur le territoire israélien dans les heures qui ont suivi l’annonce de la proposition du cessez-le-feu. Ces tirs ont poussé l’armée à reprendre ces frappes dans la bande de Gaza.

« Après six heures d’attaques unilatérales du Hamas, l’armée a repris ses activités opérationnelles dans la bande de Gaza », déclare le porte-parole de l’armée israélienne, Peter Lerner.

Netanyahu, pour sa part, a ordonné à l’armée d’ « agir fermement contre les cibles terroristes de Gaza ».