Liberman critique le silence de l’Europe sur l’ « antisémitisme » d’Erdogan
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Liberman critique le silence de l’Europe sur l’ « antisémitisme » d’Erdogan

Le ministre des Affaires étrangères prédit « une percée importante » des négociations avec les Etats arabes modérés avant la fin de l’année

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étranères Avigdor Liberman s'adressant aux diplomates israéliens à Jérusalem le 14 janvier 2015 (Crédit : Elram Mandel)
Le ministre des Affaires étranères Avigdor Liberman s'adressant aux diplomates israéliens à Jérusalem le 14 janvier 2015 (Crédit : Elram Mandel)

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a qualifié mercredi le président Recep Tayyip Erdogan d’« un intimidateur antisémite de quartier » et a accusé l’Europe de contribuer à l’augmentation de l’antisémitisme sur le continent en ignorant les récentes déclarations anti-israéliennes d’Erdogan.

Dans un long discours de politique étrangère, Liberman a également prédit une « percée stratégique importante » entre Israël et les Etats arabes modérés d’ici la fin de l’année, mais a déclaré qu’aucun progrès du processus de paix ne serait possible tant que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas restera au pouvoir.

« Le silence des Etats européens face aux diatribes récurrentes d’Erdogan, qui qualifie notre Etat d’Etat de terreur, conduit à cette même haine meurtrière contre les Juifs en Europe », a déclaré le ministre des Affaires étrangères. Cela est déjà grave que les dirigeants en Europe ne condamnent pas les violations flagrantes des droits de l’Homme en Turquie, poursuit-il, « mais leur tendance à ignorer l’incitation à la haine contre Israël de cet homme cultivé est quelque chose que nous ne pouvons pas ignorer. »

« Si quelqu’un recherche les raisons pour lesquelles l’antisémitisme augmente en Europe – pourquoi et comment cela arrive – ceci est l’une des raisons. Le silence des agneaux que cultive l’Europe – l’Europe du politiquement correct – face à un intimidateur antisémite de quartier comme Erdogan et ses amis nous ramène à la situation des années 1930. »

Lundi, le président turc, connu depuis longtemps pour ses déclarations antisémites, a critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour avoir eu « l’audace » d’assister à la Marche de solidarité contre le terrorisme à Paris et a accusé Israël d’avoir commis du « terrorisme d’Etat » contre les Palestiniens.

Dans son discours, Liberman a déploré la couverture médiatique internationale de l’attaque d’un supermarché à Paris, où quatre Juifs ont été tués. « CNN, par exemple, a tenté d’ignorer l’angle juif », assène-t-il. Lorsque l’on parle de l’incident au supermarché Hypercacher, le journaliste de la chaîne a intentionnellement omis de mentionner que le magasin appartenait à des Juifs et que les otages et les personnes tuées étaient des Juifs qui ont été ciblées uniquement en raison de leur religion, fulmine-t-il.

Partout en Europe, le discours sur les attentats de Paris est axé sur la liberté d’expression, le radicalisme et l’islamophobie, ajoute Liberman. « Mais l’angle juif et celui de l’antisémitisme n’ont pas été mentionnés. Et c’est ce qui est particulièrement grave à la lumière des événements précédents », martèle-t-il, en se référant aux attaques meurtrières contre une école juive à Toulouse et contre le musée juif de Bruxelles. « Le fait qu’ils ferment les yeux sur l’angle juif est quelque chose que nous ne devons pas laisser passer sous silence. »

Le vrai conflit n’est pas entre Israël et les Palestiniens

S’adressant aux diplomates israéliens au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, Liberman a réitéré son appel pour aboutir à un accord entre Israël et les Etats arabes modérés, affirmant que le gouvernement de l’an dernier avait fait des efforts importants pour unir toutes les « forces modérées » du Moyen-Orient.

« Quand je parle d’un accord régional, ce ne sont pas des chimères », insiste-t-il. « Il sera impossible de signer un accord complet détaillé, mais il est possible d’atteindre une percée stratégique et significative d’ici la fin 2015. »

Le ministre des Affaires étrangères aurait rencontré des hauts responsables arabes dans le but d’élaborer un accord de paix régional, mais mercredi il a refusé de donner davantage d’informations cette question.

Au lieu de cela, Liberman a réfuté l’affirmation selon laquelle la paix avec les Palestiniens pourrait être atteinte grâce à une voie bilatérale. Un accord devrait inclure trois éléments : les Palestiniens, les Arabes israéliens et les Etats arabes modérés de la région, affirme-t-il.

« Le vrai conflit n’est pas entre Israël et les Palestiniens. Il est entre les Juifs et les Arabes », poursuit-il.

Un « obstacle important » se dresse sur la voie d’un accord régional et c’est Mahmoud Abbas, ajoute Liberman, en faisant valoir que le leader palestinien est uniquement intéressée par sa survie politique.

« N’importe quelle personne qui souhaite aborder sérieusement la question du processus diplomatique devrait se débarrasser d’Abu Mazen [Abbas] et doit, évidemment, éradiquer le régime du Hamas à Gaza. Tant qu’Abu Mazen siègera à Ramallah et que le Hamas dirigera Gaza – dans ces condition, toute tentative de relancer le processus diplomatique n’est que du blabla. Ce n’est pas possible. »

Les récentes décisions prises par l’Autorité palestinienne de se tourner vers le Conseil de sécurité des Nations Unies et de chercher à adhérer à la Cour pénale internationale ont « franchi toutes les lignes rouges », a déclaré Liberman. Ces manœuvres constituent du « terrorisme diplomatique classique » et « ne nous laisse pas d’autre choix que de prendre des mesures déterminées » contre Abbas.

La décision d’Israël de geler les recettes fiscales palestiniennes, mesure qui a été prise à la suite de la décision palestinienne, ne doit pas être temporaire, prévient le ministre des Affaires étrangères. Dans le passé, Jérusalem cherchait à punir Ramallah pour ses mesures unilatérales en exerçant une retenue de fonds, mais peu de temps après, il les dégelait à nouveau. « Cette fois, il doit être clair que l’argent ne sera pas transféré » avant la chute du régime palestinien actuel, exige-t-il.

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