Le chef d’Yisrael Beytenu Avigdor Liberman a dévoilé jeudi le slogan de la campagne de son parti, qui comprend un appel à céder des zones arabes israéliennes à un futur Etat palestinien.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le ministre des Affaires étrangères s’est adressé aux médias sur un podium portant les mots « Dire les choses comme elles sont : Liberman. »

Le sous-slogan du parti, cependant, préconise l’échange de territoires et de citoyenneté : « Ariel en Israël, Umm al-Fahm en Palestine, en référence respectivement à la ville de Cisjordanie et à la ville arabe du Nord d’Israël.

Liberman a depuis longtemps préconisé un plan controversé d’échange de territoires dans lequel les villes du « Triangle », une région au Sud-Est de Haifa, comprenant des villes arabes densément peuplées – feraient partie d’un Etat palestinien dans tout accord de paix, et leurs résidants perdraient la nationalitté israélienne pour devenir les citoyens de la Palestine, en échange des blocs d’implantations juives de Cisjordanie.

La proposition pourrait concerner environ 300 000 Arabes israéliens.

Il a ajouté : « Il n’y a aucune raison que les incitateurs tels que [la députée Hanin] Zoabi, [le député Ahmad] Tibi et Raed Salah [leader de la branche nord du mouvement islamique en Israël] soient des citoyens israéliens, » dénonçant trois dirigeants arabes israéliens connus pour leur soutien à la cause palestinienne qui sont originaires de diverses zones du Nord d’Israël – en gros, mais pas tout à fait la même zone que Liberman veut céder aux Palestiniens.

Le slogan d’Yisrael Beytenu a aussitôt attiré la critique du leadership d’Umm al-Fahm.

L’adjoint au maire Wissam Qahwash a declaré au site d’information Walla peu de temps après la conférence de presse que le slogan de Liberman était « une honte pour nous, qu’un parti élimine des citoyens du pays de manière abusive comme ça ».

« Ce slogan est approprié pour la Seconde Guerre mondiale, » a-t-il dit.

Liberman a viement critiqué le Hamas et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ainsi que Naftali Bennett le chef de son parti rival à droite HaBayit HaYehudi et sa proposition d’annexer la Cisjordanie.

« Nous devons éliminer le Hamas et limoger [le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud] Abbas, » a-t-il dit.

« Dire les choses comme elles sont, sans marmonner. »

« Nous avons atteint un carrefour, les décisions sont nécessaires et nous présentons une nouvelle orientation de politique étrangère, contrairement à la position anachronique que présentemt les autres, » a-t-il dit.

« Bennett présente un État classique de deux nations, en étendant la souveraineté [sur la Cisjordanie] sans accorder [aux résidents Arabes] la liberté de vote, qui prêtera des arguments à nos ennemis pour ce qu’ils veulent. »

« Nous présentons une approche pragmatique du camp national en Israël : Israël, comme un Etat juif avec une population fidèle, » dit-il.

Liberman n’a pas écarté la possibilité de rejoindre toute coalition avec l’un des partis en lice, tant de gauche que de droite, mais il a dit qu’il ne se joindrait pas à ceux qui cherchent à annuler la loi universelle qui enrôle les ultra-orthodoxes à l’armée.

« J’ai entendu qu’il existe des accords entre [le Premier ministre Benjamin] Netanyahu, Bennett et les partis ultra-orthodoxes pour annuler la loi universelle et le projet de loi sur les conversions, » a-t-il dit.

« Cela ne nous convient pas. Nous ne serons pas là. J’ai siegé dans l’opposition pendant de nombreuses années – ce n’est pas si terrible ».