Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman se rendra jeudi à Paris pour discuter de l’enlèvement des trois adolescents israéliens ainsi que du gouvernement palestinien d’union nationale avec ses homologues américains et français.

Avant son voyage diplomatique en France, Liberman a telephoné à ses homologues à travers le monde, pour les remercier de leurs condamnations de l’enlèvement et obtenir leur soutien à la réaction d’Israël.

A Paris, Liberman s’entretiendra avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry et avec le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Les deux diplomates ont condamné l’enlèvement des trois adolescents, tout en exprimant leur préoccupation quant à l’opération menée en Cisjordanie par Israël à la suite de l’enlèvement.

Fabius a condamné mardi l’enlèvement, tout en implorant Israël à « respecter le droit international … et à utiliser une force proportionnelle » lors des arrestations.

Kerry a de son côté déclaré le 15 juin dans un communiqué que les Etats-Unis « condamnaient fermement » l’enlèvement, indiquant également que son pays estimait que le Hamas en était responsable. Mercredi dernier, la Maison Blanche a appelé les deux parties à la retenue.

Alors que le président de l’AP Mahmoud Abbas a condamné publiquement l’enlèvement, Israël a déclaré que, en plus de récupérer les adolescents, ses buts étaient d’affaiblir considérablement le Hamas, qu’il accuse de l’enlèvement, et de briser le gouvernement d’union palestinien conclu le 2 juin dernier entre Mahmoud Abbas et l’organisation terroriste de Gaza.

Les États-Unis et l’Europe ont tous deux indiqué qu’ils travailleront avec le gouvernement d’unité, soulignant que M. Abbas a promis que son administration s’engagerait à respecter les accords précédents entre l’AP et Israël, même si le Hamas n’a pas condamné la violence.

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Liberman a dit plus tôt dans la semaine aux ministres des Affaires étrangères de l’Italie, l’Australie, l’Ukraine, la Lituanie et Chypre « qu’ils ont un rôle important dans la guerre mondiale contre le terrorisme, que l’islam radical ne fait pas de distinction entre les pays occidentaux et les motifs du triple enlèvement des adolescents dans le Gush Etzion sont les mêmes que leurs objectifs dans leurs attaques à New York, Londres, Madrid, Bruxelles et ailleurs « .

Liberman a ajouté qu’il ne peut y avoir aucune justification aux enlèvements et qu’il est de la responsabilité de tout le monde de condamner de tels actes et les organisations qui sont derrière eux.

Depuis le début de l’Opération Gardien de nos frères qui a été lancée pour localiser les trois adolescents enlevés il y a près de deux semaines, l’armée israélienne a arrêté près de 400 Palestiniens en Cisjordanie, la plupart d’entre eux membres du mouvement Hamas.

Selon des médias israéliens, parmi les 17 personnes arrêtées dans la nuit de mardi à mercredi figurent deux députés palestiniens, Ibrahim Tayyub et Khaled Dweik. Pour l’agence de presse palestinienne Maan les députés palestiniens interpellés sont Khaled Tafesh et Anwar Zaboun.

Malgré 13 jours de recherches intensives, le porte-parole de l’armée israélienne Peter Lerner a déclaré mardi que l’armée n’avait pas encore atteint une percée dans la localisation d’Eyal Yfrach, Naftali Frankel et Gil-ad Shaar.
Le chef d’etat Major Benny Gantz a reconnu mardi que l’absence de progrès ne présage rien de bon pour la perspective de trouver les adolescents vivants, et le cabinet israélien a voté pour commencer une désescalade des opérations en Cisjordanie puisque des responsables militaires ont admis que la campagne contre le Hamas tirait à sa fin dans sa forme actuelle.