Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman exige dimanche que le procureur d’Etat Shai Nitzan explique pourquoi l’enquête sur la corruption dans son parti est propulsée pendant la saison des élections, accusant les autorités judiciaires d’appliquer une politique de « double standard ».

S’exprimant avant la réunion hebdomadaire du cabinet, Liberman, ministre des Affaires étrangères, a fustigé ce qu’il a qualifié d’attaque orchestrée sur son parti, délibérément programmée au milieu de la campagne électorale.

« J’attends des explications satisfaisantes du procureur de l’Etat Shai Nitzan », a déclaré Liberman.

Il ajoute que le ministère public a demandé un report pour après les élections de mars de la procédure et des témoignages dans un procès intenté par Menny Naftali, ancienne employée de maison du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« J’ai vu la réponse sur les poursuites de Menny Naftali, dans laquelle il est statué qu’il est juste d’éviter l’influence politique de poursuites judiciaires », pointe Liberman. « C’est très étrange que, dans le cas d’Yisrael Beytenu, il y ait une pression pour accélérer et élargir l’enquête. Ce n’est pas seulement, c’est un deux poids, deux mesures. »

Naftali avait déposé une plainte contre ses anciens employeurs en mars dernier, fournissant des descriptions détaillées d’humiliations, propos racistes et crises de colère de la part de Sara, la femme de Netanyahu. Naftali demande au Premier ministre un million de shekels de dommages et intérêts. Naftali affirme également que les Netanyahu n’ont pas respecté certaines obligations financières et qu’elle n’a pas été dédommagée pour des heures ou journées de travail irrégulières.

Liberman fustige une série de fuites entourant l’affaire de son parti, dans laquelle de nombreux membres de sont soupçonnés d’être impliqués dans une corruption à grande échelle, pots-de-vin, et scandale de fraude, y compris des rapports tôt dimanche sur de nouvelles arrestations.

« J’ai entendu dire que des centaines d’autres enquêtes sont en cours, » affirme-t-il. « C’est un processus planifié et bien orchestré, une enquête entièrement coordonnée avec le calendrier électoral. D’après ce que nous avons vu dans les médias, il y aura une autre vague d’arrestations et de fuites, les fuites sont délibérées et partiales. Oui, cela soulève beaucoup de questions. »

Liberman prédit que le déferlement contre son parti continuera.

« Jusqu’à la fin des élections, jusqu’au dernier jour, il y aura des enquêtes et des fuites. Elles nous accompagneront pendant les mois à venir », dit-il.

Une enquête de corruption suite à une année d’infiltration a été rendue publique la semaine dernière quand la police a arrêté 31 suspects. Un important système de pots de vin versés aux politiciens d’Yisrael Beytenu en échange de faveurs politiques a été mis au jour.

Nombre de suspects dans l’affaire sont des hauts-membres du parti de Liberman, y compris la vice-ministre de l’Intérieur Faina Kirshenbaum, suspecte-clé avec sa fille Ranit.

Les enquêteurs soupçonnent que des fonds ont été transférés à mauvais escient à des organisations non gouvernementales et divers autres groupes. En retour, les organisations auraient effectué des nominations népotistes, et rendu une partie de l’argent aux personnalités publiques sous forme de paiements en espèces ou d’avantages divers.
Dans un post Facebook de vendredi, Liberman a accusé que s’agissant d’Yisrael Beytenu « il n’y a pas d’élections sans enquêtes ».

« À chaque fois, sans exception, des ‘forces anonymes’ interviennent dans chaque cycle électoral et [essayent de] porter atteinte au droit d’ Yisrael Beytenu de concourir loyalement », a-t-il écrit.

Liberman se dit « convaincu de l’innocence » des membres de son parti et exhorte ses partisans à ne pas porter de jugement hâtif, car « dans une société démocratique, une personne est innocente jusqu’à preuve du contraire ».

Le président d’Yisrael Beytenu proteste également contre la « tentative de salir le parti dans son ensemble », et affirme être convaincu que la faction en sortira plus forte et plus unie, comme dans des cas précédents.

Dans une déclaration la semaine dernière, Yisrael Beytenu a statué que les arrestations entraient dans le cadre d’une chasse aux sorcières politique préélectorale visant à entacher la campagne électorale du parti.

Le chef de la police Yohanan Danino Israël a rejeté les accusations d’Yisrael Beitenu, niant que l’enquête était mue par des motivations politiques.