Israël essaie de garder des armes chimiques hors de portée du Hezbollah, a déclaré jeudi le ministre de la Défense Avigdor Liberman, en précisant ses propos de la veille qui sous-entendaient que le groupe terroriste chiite tentait d’obtenir des armes de destruction massive.

Devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset, Liberman a à nouveau semblé confirmer que les forces israéliennes étaient responsables des deux récentes frappes en Syrie dont l’Etat juif a été accusé.

Le ministre de la Défense a à nouveau souligné qu’Israël n’avait « absolument aucun intérêt » à s’impliquer dans la guerre civile syrienne, mais travaillera pour se défendre.

« Nos politiques et nos positions sont très claires et sont basées sur trois lignes rouges : nous ne permettrons pas de nuire aux citoyens de l’Etat d’Israël, nous ne permettrons pas de nuire à la souveraineté de l’Etat d’Israël et nous n’autoriserons pas la contrebande d’armes sophistiquées et chimiques de la Syrie vers le Liban pour le Hezbollah », a déclaré Liberman.

Ses propos faisaient écho à une déclaration faite la veille devant les ambassadeurs de l’Union européenne, au sujet des récentes frappes aériennes en Syrie.

Une frappe de missile présumée israélienne sur l'aéroport militaire syrien de Mazzé, près de Damas, le 7 décembre 2016. (Crédit : Twitter)

Une frappe de missile présumée israélienne sur l’aéroport militaire syrien de Mazzé, près de Damas, le 7 décembre 2016. (Crédit : Twitter)

« Nous travaillons, d’abord et avant tout, pour défendre la sécurité de nos citoyens et protéger notre souveraineté, et nous essayons d’empêcher la contrebande d’armes sophistiquées, d’équipement militaire et d’armes de destruction de masse de la Syrie au Hezbollah », a dit Liberman aux diplomates européens.

Devant la commission de la Knesset jeudi, Liberman a également souligné la liberté d’action de l’Etat juif, et déclaré que le pays « prend ses décisions totalement librement, en accord avec les politiques que j’ai citées [les « lignes rouges »] et sans considérations pour toute autre circonstance ou limitation. »

Ces propos étaient apparemment une tentative visant à démentir l’idée que la présence de l’armée russe empêche ou dissuade Israël de mener des frappes en Syrie.

Mercredi matin, Israël a été accusé d’une explosion près d’un aéroport militaire de Damas.

« A 03h00, l’ennemi israélien a tiré plusieurs missiles sol-sol à partir des territoires occupés », a indiqué l’agence de presse syrienne officielle Sana citant une source militaire. Elle a rapporté que l’attaque avait provoqué un incendie mais pas de victimes.

F-16 D de l'armée de l'air israélienne , le 28 juin 2010. Ilustration. (Crédit : Ofer Sidon/Flash90)

F-16 D de l’armée de l’air israélienne , le 28 juin 2010. Ilustration. (Crédit : Ofer Sidon/Flash90)

La semaine dernière, les avions israéliens auraient frappé un site militaire proche de la capitale syrienne et un convoi du Hezbollah, entraînant des explosions fortes mais pas de victimes.

Israël ne reconnaît généralement pas mener des attaques en Syrie, même s’il a publiquement affirmé qu’il ne permettrait pas le transfert d’armes sophistiqués au Hezbollah.

Les frappes autrefois régulières contre des convois du Hezbollah et des entrepôts d’armes syriens ont ralenti ces derniers mois. Beaucoup affirment que le déploiement par la Russie d’un système de défense anti-aérien S-400 à l’ouest de la Syrie a dissuadé Israël de mener des frappes en Syrie, et freiné la supériorité aérienne autrefois incontestée d’Israël dans la région.

Les responsables israéliens de la sécurité, notamment l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon, ont démenti de telles accusations, mais peu de personnes pensent que le S-400 n’a eu aucun effet sur les opérations israéliennes.

Un responsable de l’armée de l’air a déclaré le mois dernier à des journalistes que le déploiement russe en Syrie était un « défi » pour l’armée israélienne, mais que le pays opérait toujours dans la zone si nécessaire.