Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré dimanche qu’Israël ne libérerait aucun prisonnier sécuritaire palestinien en échange des citoyens israéliens et des dépouilles de ses soldats actuellement détenus par le groupe terroriste du Hamas, jurant qu’il ne répétera pas « l’erreur » d’un précédent échange de prisonniers.

Evoquant la démission, la semaine dernière, de Lior Lotan, représentant du Premier ministre Benjamin Netanyahu chargé de superviser les efforts de rapatriement des corps de deux soldats israéliens et d’obtenir la libération de trois ressortissants israéliens retenus dans la bande de Gaza, Liberman a précisé que leur retour restait une haute priorité.

« Je considère que cette question est de la plus haute importance au niveau moral et éthique, avant tout pour les familles, pour l’armée et pour l’Etat d’Israël », a déclaré le ministre.

Lotan, qui avait été nommé en 2014, était venu remplacer David Meidan, qui occupait ce poste de coordinateur depuis trois ans. Meidan avait joué un rôle essentiel dans l’esquisse de l’accord d’échange de prisonniers Shalit qui avait finalement permis la libération du soldat israélien Gilad Shalit, retenu en captivité par le Hamas, en échange de 1 000 prisonniers sécuritaires palestiniens.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israël)

Liberman a expliqué que, même si Israël continuera à œuvrer pour le retour des Israéliens et le rapatriement des dépouilles des soldats, le pays ne consentira pas au même type d’accord.

« Nous ne devons pas répéter l’erreur commise lors de l’accord de Shalit. Grâce à cette convention, ce sont 1 027 terroristes qui ont été libérés, avec parmi eux des assassins et leurs agents », a-t-il dit, citant les libérations de Mahmoud Kawasme et de Yahya Sinwar.

Ismail Haniyeh, alors chef du Hamas dans la bande de Gaza, à gauche, avec Yahya Sinwar, l'un des fondateurs de la branche armée du groupe terroriste, à l'arrivée des détenus libérés en échange du soldat Gilad Shalit, à Khan Yunis, le 21 octobre 2011. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Ismail Haniyeh, alors chef du Hamas dans la bande de Gaza, à gauche, avec Yahya Sinwar, l’un des fondateurs de la branche armée du groupe terroriste, à l’arrivée des détenus libérés en échange du soldat Gilad Shalit, à Khan Yunis, le 21 octobre 2011. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Kawasme avait aidé à financer l’enlèvement en 2014 de trois adolescents israéliens, qui avaient été tués peu après leur enlèvement. Sinwar, considéré comme l’un des plus impitoyables cadres du Hamas, a été désigné chef du groupe terroriste dans la bande de Gaza au début de l’année.

Liberman a également pointé du doigt le taux de récidive élevé parmi les terroristes libérés lors de cet accord pour justifier son opposition à un futur échange de détenus.

« 202 personnes libérées lors de l’accord Shalit ont depuis été arrêtées par les forces de défense pour leur implication dans le terrorisme. 111 d’entre elles sont encore dans des prisons israéliennes, a-t-il dit. Sept Israéliens ont été assassinés avec l’implication directe ou indirecte d’individus ayant été libérés. »

Le ministre de la Défense a déclaré qu’au vu de l’accord Shalit, des « limites claires » doivent être établies en vue de négociations portant sur un échange de prisonniers, jusqu’à ce qu’un remplaçant soit désigné pour reprendre le poste de Lotan, afin « d’établir clairement vis-à-vis des ennemis d’Israël que nous n’avons aucune intention de faire des compromis sur la sécurité de la population israélienne. »