Le ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman a déclaré dimanche qu’Israël ferait sans coordination sécuritaire avec l’Autorité palestinienne, confirmant apparemment certaines sources selon lesquelles les Palestiniens suspendraient leurs efforts conjoints avec Israël pour prévenir les attaques terroristes.

« Nous avons géré pendant de nombreuses années la situation sans coopération en matière de sécurité, nous allons maintenant faire de même », a déclaré Liberman au site d’information Ynet.

Le ministre de la Défense a toutefois souligné que les liens de sécurité étaient davantage dans l’intérêt des Palestiniens.

« C’est leur décision », a-t-il ajouté. « Ce n’est pas que la coordination de la sécurité soit un besoin israélien. Avant nos propres besoins, il s’agit d’un besoin palestinien avant tout, et donc s’ils le veulent, cela continuera, s’ils ne le veulent pas, ils ne le feront pas. C’est leur décision. »

Plus tôt ce dimanche, des sources palestiniennes ont déclaré que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait gelé les partenariats de sécurité pour protester contre l’installation de détecteurs de métaux aux entrées du mont du Temple à Jérusalem, tout comme les violents affrontements qui ont eu lieu entre les fidèles musulmans et la police d’Israël.

Abbas a annoncé vendredi soir qu’il suspendait tout contact avec Israël. Des sources palestiniennes ont déclaré plus tard que l’interdiction s’étendait à un gel des réunions entre les responsables de la sécurité de l’Autorité palestinienne et leurs homologues israéliens à tous les niveaux, mais malgré les prévisions initiales, le président de l’Autorité palestinienne s’abstiendrait de rompre les liens militaires.

C’est la première fois qu’Abbas décrète la suspension de la collaboration sécuritaire avec Israël depuis qu’il a été élu il y a près d’une décennie. Bien qu’Israël et l’AP ne poursuivent pas de pourparlers de paix depuis trois ans, la coopération entre les forces de sécurité respectives pour maintenir le calme en Cisjordanie se poursuivait, et ce de façon active.

En annonçant la rupture des contacts avec Israël vendredi, Abbas a fustigé le déploiement des détecteurs de métaux sur le mont du Temple – placés là par Israël après une attaque terroriste du 14 juillet dans laquelle trois Israéliens arabes ont tué deux policiers israéliens avec des armes à feu qu’ils avaient introduits par contrebande dans le site sacré. Abbas a appelé ces mesures « présentées faussement comme étant liées à la sécurité, un prétexte pour prendre le contrôle de la mosquée Al-Aqsa ».

Le samedi soir, Liberman a exhorté Abbas à condamner publiquement une attaque terroriste perpétrée à la colonie de Halamish en Cisjordanie, où un Palestinien armé d’un couteau a poignardé trois membres de la famille Salomon lors du dîner de Shabbat. Bien qu’Abbas ait condamné l’attentat du mont du Temple qui a tué deux policiers druzes, il s’est abstenu de condamner le carnage à Halamish.

Différents rapports circulaient sur l’ampleur de l’arrêt des réunions de sécurité et l’effet qu’il aurait sur le terrain en Cisjordanie, où les forces de sécurité israéliennes et palestiniennes coordonnent les opérations pour déjouer les attaques terroristes et d’autres violences. Certaines sources ont déclaré que ce gel impliquerait tous les bureaux gouvernementaux et toute la coordination de la sécurité.

Selon les instructions d’Abbas, les incidents humanitaires nécessitant une coordination avec Israël seront examinés au cas par cas dans les centres régionaux de coordination.

Abbas a par le passé souligné l’importance de la coopération en matière de sécurité et, en 2014, avait déclaré à un groupe de militants de la paix israélienne que les liens de sécurité étaient « sacrés ».

Israël n’a pas immédiatement répondu à l’annonce d’Abbas vendredi soir.

Quatre Palestiniens ont été tués dans des affrontements avec des forces israéliennes depuis vendredi suite à l’affaire des détecteurs de métaux du Mont du Temple, et un autre a été tué samedi alors qu’une bombe à essence qu’il prévoyait de jeter sur les forces de sécurité israéliennes a explosé prématurément.

L’escalade brutale de la violence intervient une semaine après que les deux policiers de la frontière israélienne ont été tués par des terroristes israéliens arabes au mont du Temple. À la suite de l’attaque, Israël avait fermé le site pendant 48 heures à la recherche d’autres d’armes, puis avait installé des portiques de détecteurs de métaux aux entrées du site.