Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a appelé mardi la communauté internationale à « oublier » le conflit israélo-palestinien, affirmant que la « sur-implication » du monde n’aidait pas à parvenir à la paix.

« Ce que je propose à tout le monde, aux Européens, aux Américains, aux Russes, c’est tout d’abord de ne pas traiter du conflit israélo-palestinien. Oubliez-le », a-t-il déclaré pendant la conférence de l’Institut israélien pour la recherche en sécurité nationale (INSS, Institute for National Security Studies à Tel Aviv).

« Quiconque veut aider à résoudre le conflit israélo-palestinien devrait d’abord l’oublier. La sur-implication des puissances mondiales, en particulier de l’Europe, est uniquement perturbante. Elles ne contribuent en rien à solutionner le problème, elles ne font que compliquer les choses. »

Les états européens ne comprennent pas correctement le conflit et ses racines, ni comment il se développe, a poursuivi le ministre de la Défense. « Et ils viennent ici et s’impliquent [dans le conflit] sans qu’on ne leur demande rien. »

L'implantation de Beit El, au nord de Ramallah, en Cisjordanie, en 2012. (Crédit : Oren Nahshon/Flash90)

L’implantation de Beit El, au nord de Ramallah, en Cisjordanie, en 2012. (Crédit : Oren Nahshon/Flash90)

Ancien ministre des Affaires étrangères, Liberman a déclaré avoir rencontré beaucoup de dirigeants internationaux, et leur a demandé de donner un exemple d’un conflit de longue date résolu par la diplomatie internationale. Il a cité Chypre, le Kosovo, la Bosnie, la Transnistrie, l’Irlande, l’Ecosse, et d’autres régions d’Europe où des conflits territoriaux sont en cours. L’Europe est en train de « chercher une direction, de s’effondrer », a déclaré Liberman, citant également la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne l’année dernière.

« Quand vous aurez réussi quelque part, vous pourrez venir et nous apprendre », a-t-il déclaré.

Même au-delà de leur propre continent, les Européens n’ont pas réussi à promouvoir la paix dans d’autres crises, que ce soit en Afrique, en Syrie, en Afghanistan ou en Irak, a affirmé Liberman. « Et après tout cela, ils viennent nous voir et nous donnent des conseils sur comment faire la paix », a-t-il dit avec dédain.

Liberman a également repoussé la possibilité que l’approbation de la construction de 2 500 nouveaux logements en Cisjordanie soit une réaction à l’entrée à la Maison Blanche du président américain Donald Trump.

« Il n’y a rien de nouveau là-dedans. Nous avons toujours construit, même sous l’administration Obama », a-t-il déclaré. La grande majorité de ces logements seront construits dans les blocs d’implantations, a-t-il ajouté.

Quelque 106 logements sont planifiés dans des implantations plus reculées, mais uniquement en réponse aux promesses des précédents gouvernements, comme dans le cas de Migron, ou en raison de décisions judiciaires appelant le gouvernement à se décider sur le sort de certains bâtiments, comme à Beit El.

Le ministre de la Défense a répété sa position, tout changement spectaculaire, comme une explosion de la construction en dehors des blocs d’implantations ou l’annexion de Maale Adumim, ne devrait se faire qu’en coordination avec la Maison Blanche.

Les politiques israéliens devraient donc attendre patiemment que le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre Trump, une rencontre normalement prévue début février.