Le statu quo en Cisjordanie pourrait servir de modèle pour la réoccupation de Gaza par Israël, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, exhortant le gouvernement à ne pas se précipiter vers un cessez-le-feu avec le Hamas, mais plutôt à déraciner le terrorisme à Gaza au lieu d’envoyer des troupes au sol.

Répondant aux questions de dirigeants juifs américains pour expliquer son souhait que l’opération « Bordure Protectrice » se termine par un contrôle de l’enclave côtière par l’armée, il a fait référence à la situation en Cisjordanie avant et après l’opération « Pilier de défense » en 2002.

« Comme vous le savez, en Judée-Samarie, il y a eu un véritable gâchis. Avant de commencer « Pilier de défense », la situation a été désastreuse, a-t-il déclaré, se référant à une série d’attentats-suicides et d’attaques terroristes sanglantes émanant de Cisjordanie. À un certain moment, Israël a décidé d’envoyer des troupes dans les villes palestiniennes pour éradiquer les cellules terroristes là-bas, et la situation de la sécurité s’est considérablement améliorée, a-t-il poursuivi.

« Après « Pilier de défense », nous avons détruit l’infrastructure terroriste entière. Et nous avons donné à Abou Mazen [le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas] la possibilité de prendre en main l’administration et à agir en Judée et Samarie », a déclaré Liberman. « Nous jouissons maintenant de la sécurité dans toute la Judée-Samarie ».

Par opposition au statu quo à Gaza, il n’y a pas de nouvelles cellules terroristes en cours de création en Cisjordanie, il n’y a pas de roquettes et il n’y a pas de tunnels, a renchéri Liberman. Abbas comprend que la coordination entre l’armée israélienne et ses forces de sécurité lui permet de rester au pouvoir.

Cette « combinaison » – Abbas gérant les affaires administratives pour les Palestiniens et Israël ayant la « main libre » pour déraciner le terrorisme – n’est que l’un des plans qui suivrait une invasion de Gaza et qui a été discutée au sein du cabinet de sécurité, a déclaré le ministre des Affaires étrangères. Qui a refusé de fournir des détails sur les autres options.

« D’un point de vue militaire, ce n’est, sans doute, pour nous pas un grand défi de prendre le contrôle de la bande de Gaza » a-t-il lancé.

Liberman a rejeté l’idée d’un cessez-le-feu qui aurait lieu rapidement dans la bande de Gaza. «Pour moi, il est clair que le Hamas n’accepterait jamais un cessez-le-feu, une trêve » a-t-il dit, parlant en anglais. Bien sûr, l’idée d’une fin des hostilités semble tentante, a-t-il ajouté, mais l’histoire a montré que le Hamas utilise constamment ces cessez-le-feu afin de se réarmer – en améliorant son arsenal.

« Au cours de la première opération [de Gaza], « Plomb durci », ils n’avaient que des missiles à courte portée ; seule Sderot était sous les tirs de roquettes. Au cours de la deuxième opération, « Pilier de défense », les missiles atteignaient Rishon Letsion, et ils avaient plus de 18 roquettes [à longue portée]. Aujourd’hui, ils peuvent atteindre Zichron Yaacov et Hadera, et il y a plus de 300 missiles à longue portée.

Toutes ces roquettes sont produites localement dans la bande de Gaza, a expliqué Liberman. « Ils n’ont plus besoin de faire passer leurs armes. Je pense que s’ils atteignent ce cessez-le-feu il est clair qu’ils vont utiliser [le temps imparti] pour produire plus de roquettes, creuser plusieurs tunnels et se préparer pour la prochaine confrontation avec Israël ».

S’adressant au Times of Israel, Liberman a déclaré que même si les rapports du Hamas faisant état d’une trêve de dix ans étaient vrais, Jérusalem devrait s’assurer que l’organisation terroriste n’utilise pas ce temps pour se réarmer tout simplement : « Pour nous, c’est vraiment un moment crucial pour des décisions cruciales ».

« Nous ne devrions pas penser à ce que la situation sera dans 10 ans, mais à la façon dont nous pouvons les empêcher de produire et de développer leur infrastructure terroriste », a précisé le ministre. « S’il n’y a aucun moyen de les empêcher de développer cette infrastructure, s’ils vont utiliser ces dix ans pour construire plus de missiles et de drones, qu’aurons-nous gagné ? ».

Selon des informations non confirmées dans les médias israéliens et basées sur une source palestinienne haut placée, le Hamas a proposé un cessez-le-feu de dix ans en échange de plusieurs concessions israéliennes, égyptiennes et internationales.

La première condition du Hamas serait que l’armée israélienne retire ses chars permettant aux agriculteurs palestiniens d’accéder à la terre située à proximité de la frontière entre Gaza et Israël. Le groupe terroriste a également appelé à la libération de tous les prisonniers arrêtés suite à l’enlèvement et à l’assassinat des trois adolescents israéliens.

Le Hamas a également exigé que le blocus de Gaza soit levé sur toutes les frontières. Le passage de Rafah devrait être ouvert et placé sous le contrôle de l’ONU, ainsi qu’un aéroport établi sous la supervision de l’ONU. La liste de ces demandes ont également appelé Israël à lever les restrictions pour les Palestiniens qui cherchent à prier sur le mont du Temple.