Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a appelé jeudi ses collègues du gouvernement à ne pas demander de grâce pour Elor Azaria, un soldat israélien jugé coupable d’homicide mercredi pour avoir tué un terroriste palestinien neutralisé en mars dernier à Hébron.

Liberman a en particulier pointé du doigt Naftali Bennett, actuel ministre de l’Education.

Liberman a déclaré que l’establishment militaire devrait pouvoir gérer l’affaire sans interférence politique.

Des politiques de droite, accompagnées de l’ancienne dirigeante travailliste, la députée Shelly Yachimovich, ont répondu au verdict en demandant une grâce présidentielle pour Azaria.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a soutenu ces demandes.

« J’attends de tous les ministres qu’ils montrent de la retenue et restent silencieux pour laisser l’establishment militaire traiter le dossier de manière calme et responsable, et en toute discrétion, a déclaré Liberman à la radio militaire. Je pense qu’il est approprié que le ministre de l’Education sache lire la loi, et la loi est claire. Tous les slogans que nous entendons pour le moment servent aux politiciens, et pas à Elor Azaria.

Le député du Likud Yehuda Glick pendant son investiture à la Knesset, le 25 mai 2016. (Crédit : porte-parole de la Knesset)

Le député du Likud Yehuda Glick pendant son investiture à la Knesset, le 25 mai 2016. (Crédit : porte-parole de la Knesset)

Le député du Likud Yehuda Glick a lui aussi rejeté mercredi après-midi les demandes de grâce pour Azaria, mais a déclaré que le soldat devrait être condamné à une peine clémente s’il reconnaissait avoir mal agi en tirant en mars 2015 sur un terroriste palestinien désarmé.

« Je ne pense pas qu’une grâce soit la direction que cette affaire doive prendre, a déclaré Glick sur Twitter. A mon avis, une peine clémente est à préférer. Mais il doit prendre ses responsabilités et comprendre qu’il n’a pas agi correctement. »

Pendant la plénière de la Knesset mercredi, Glick a également condamné le fervent soutien public à Azaria, qui selon lui nuit au soldat en lui permettant d’éviter de prendre ses responsabilités.

« Ceux qui ont créé un climat autour d’Elor Azaria, qu’il est un héros, etc., ne l’ont pas aidé du tout, a-t-il déclaré. Qu’il est dommage qu’il n’ait pas simplement dit, depuis le premier instant : je suis désolé, j’ai fait une erreur. »

« Elor a violé les ordres d’ouverture du feu, et par conséquent, il aurait dû avouer cela et être jugé dans un procès militaire, pas un procès spectacle. Elor est ‘notre fils’, mais il n’est pas un héros, a déclaré le député du Likud. D’autre part, il n’est néanmoins pas un assassin. Il n’est pas sorti pour tuer. »

Uri Ariel  à Jérusalem, le 22 septembre 2014. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Uri Ariel à Jérusalem, le 22 septembre 2014. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Uri Ariel, ministre de l’Agriculture du parti HaBayit HaYahudi, s’est également éloigné des demandes de grâce, et a déclaré à la radio militaire qu’Azaria devrait être condamné à une peine d’une durée équivalente au temps qu’il a déjà passé en prison.

Le soldat est resté principalement confiné sur sa base depuis son inculpation.

Quand il lui a été demandé si, comme le président de son parti Naftali Bennett, il demandait une grâce immédiate pour le soldat, Ariel a répondu que « nous avons eu un débat à ce sujet au sein du parti. Je pense qu’il existe une autre voie, qui est préférable, et que les juges devraient le condamner à une peine de la durée [de sa détention provisoire], et qu’il devrait être libéré le jour de sa condamnation. »