Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré mardi que la prochaine guerre en Israël verrait les forces armées de l’Etat juif s’opposer à « un seul front » englobant le Liban et la Syrie et à un autre front dans la bande de Gaza.

Il a également déclaré que l’armée libanaise s’est pleinement intégrée au Hezbollah et qu’elle opère dorénavant sous le commandement du groupe terroriste.

« Lorsque la prochaine campagne militaire commencera, et peu importe où elle commencera, que ce soit dans le nord ou dans le sud, elle prendra immédiatement la forme d’une guerre sur deux fronts. Il n’y a plus de guerre sur un seul front, c’est notre hypothèse de base et c’est ce à quoi notre armée se prépare », a dit Liberman, qui s’exprimait au ministère de la Défense à Tel Aviv lors d’une cérémonie pour les soldats à l’occasion de la fête de Souccot.

« Et en ce qui concerne le front libanais, nous ne pouvons plus dorénavant parler du Hezbollah seulement », a-t-il ajouté. « Nous parlons du Hezbollah et de l’armée libanaise, c’est regrettable mais c’est la réalité ».

Le ministre a déploré que l’armée libanaise ait perdu « son indépendance », notant qu’elle « est devenue une partie intégrante du Hezbollah, qui lui donne ses ordres ».

Liberman a expliqué que le front nord inclurait donc le Liban et la Syrie, prévoyant que les combats contre l’Etat juif seraient coordonnés.

« La nouvelle réalité nous prépare également de nouveaux défis que nous devrons relever. Si nous parlions dans le passé de front libanais – un tel front n’existe plus. Il n’y a désormais plus qu’un seul front nord composé du Liban, de la Syrie, du Hezbollah, du régime de Bachar al-Assad et de tous ceux qui aident son régime », a affirmé le ministre.

Même si les forces israéliennes et syriennes se sont affrontées au Liban durant la première guerre du Liban en 1982, les deux pays n’ont pas combattu de l’autre côté de leurs frontières communes depuis la guerre de Yom Kippour en 1973.

Israël oeuvre à prévenir un tel conflit mais la situation est « fragile » et une confrontation peut survenir à n’importe quel moment, a dit Liberman.

« Nous faisons tous les efforts possibles pour empêcher une prochaine guerre, mais dans le ‘nouveau’ Moyen-Orient, les évaluations qui nous étaient familières dans le passé – comme la faible probabilité [d’un conflit] – sont dorénavant simplement sans pertinence », a ajouté Liberman. « La réalité est fragile, une guerre peut survenir à n’importe quel moment, aujourd’hui ou demain ».

« Nous nous basons sur le fait que nous devons nous préparer à une grave bataille, et il n’y a pas de bataille sans une énorme puissance de feu », a poursuivi le ministre de la Défense.

« Mon point de vue de base est que ‘ceux qui veulent la paix doivent préparer la guerre’. J’espère que nos ennemis de l’autre côté réfléchiront bien à toutes les initiatives qu’ils prendront contre Israël de manière à ce que nous ne soyons pas dans l’obligation de faire la démonstration des forces et des capacités pleines et entières de l’armée israélienne ».

Israël a connu son dernier affrontement d’ampleur contre le Hezbollah lors de la deuxième guerre du Liban en 2006 et les tensions restent élevées, même si le nord de la frontière a connu un calme relatif au cours de la dernière décennie.

Le Hezbollah aurait en sa possession un arsenal composé de 100 000 à 150 000 missiles de moyenne et longue portée et une force de combat constituée d’environ 50 000 hommes, un chiffre qui englobe les réservistes.

De plus, un commandant du Hezbollah a fait savoir le mois dernier que le groupe a plus de 10 000 combattants dans le sud de la Syrie qui sont prêts à affronter Israël. Les soldats du Hezbollah se sont battus pour le compte du régime syrien qui tente de mettre un terme à une insurrection de six ans.

Israël s’inquiète de ce que le Hezbollah et son soutien, l’Iran, puissent lancer une guerre depuis le sud de la Syrie contre Israël.

Récemment, des responsables israéliens ont averti que toute attaque du Hezbollah, un mouvement qui siège au Parlement libanais, serait considérée par l’Etat juif comme une agression de la part du Liban.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.