Après que le Hamas a renouvelé ses tirs de roquettes sur Israël et que les pourparlers au Caire sur un cadre pour un cessez-le-feu ont été mis en veilleuse, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a déclaré qu’Israël doit éviter d’être entraîné par le Hamas dans une « guerre d’usure » dans la bande de Gaza.

Dans un post publié sur sa page Facebook, il a appelé Israël à écraser le Hamas.

Liberman a déclaré que le dernier cadre de cessez-le-feu, qui n’a pas jeté les bases d’un accord de paix et ne comprenait pas de garanties pour « un engagement sans équivoque par les Palestiniens pour maintenir la paix maintenant et pour l’éternité », place en Israël devant une guerre d’usure à son désavantage.

Liberman a critiqué le gouvernement israélien qui selon lui joue entre les mains du Hamas en lui permettant de fixer le rythme des affrontements.

« J’espère que tout le monde a compris maintenant que la politique du ‘calme en échange de calme’ signifie que le Hamas est la partie la plus diligente et le seul à décider quand, où, et combien il tire sur le peuple d’Israël, alors que nous nous contentons seulement de représailles – qui, aussi fortes qu’elles puissent être, ne sont qu’une réaction ».

Il a ajouté que le Hamas, non seulement contrôle la gravité des affrontements, mais aussi le « timing le plus commode pour perturber la vie des civils israéliens en général et des résidents du sud d’Israël en particulier. »

Il a averti, « c’est arrivé hier, ça se passe aujourd’hui et cela pourrait se reproduire le 1er septembre [la rentrée des classes] et à la veille de Rosh Hashana, [le Nouvel an juif]. »

Qualifiant les politiciens israéliens qui ont proposé les mesures unilatérales pour mettre fin à la violence comme « atteints d’amnésie », Liberman a noté qu’Israël « payait encore à ce jour » le prix de son désengagement unilatéral de la bande de Gaza en 2005.

« Même si, à Dieu ne plaise, Zahava Gal-on [dirigeante du parti Meretz] était Premier ministre et Dov Khenin [député du parti Hadash] était ministre de la Défense – ils devraient eux-mêmes mener à bien une opération d’envergure pour renverser le régime du Hamas, » a déclaré Liberman.

« C’est pourquoi, lorsque la sécurité des civils israéliens est sérieusement en question, il faut comprendre qu’il n’y a pas d’autre option qu’une décision israélienne déterminée avec un seul but – vaincre le Hamas. »

La reponse de Gal-on à Liberman ne s’est pas faite attendre, disant que si elle avait été Premier ministre, elle sait « avec certitude ce [qu’elle ferait] » – renvoyer chez lui le ministre des Affaires étrangères qui n’a pas rétabli le calme au sud d’Israël après une opération d’un mois dans la bande de Gaza.

« Si je ne m’abuse, c’est la 3 452ème fois que Liberman a proposé de soumettre, d’écraser, de piétiner et de conquérir Gaza, et pas seulement lors de l’opération Bordure protectrice, mais au cours des cinq dernières années », a déclaré Gal-on.

« Je ne sais pas si Liberman est sérieux dans sa proposition infantile, » a-t-elle précisé. « Habituellement, il fait ses declarations devant les caméras de télévision ou sur sa page Facebook, mais on dit que lors des réunions du cabinet [de sécurité], lorsque des décisions doivent être prises, il se montre moins ‘courageux' ».

Elle a ajouté : « Si le ministre des Affaires étrangères continue de babiller sur ‘conquérir’ et ‘éradiquer’ après 64 soldats tués, 2 000 morts palestiniens [selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas] et le fait que les résidents du Sud soient de nouveau sous le feu après une opération qui n’a rien changé, je suis certaine de ce que je ferais si j’étais Premier ministre – je le renverrais chez lui ».