Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman a de nouveau défendu dimanche les efforts de paix de l’administration américaine, après avoir qualifié vendredi le secrétaire d’Etat John Kerry de « vrai ami » de l’Etat d’Israël.

« On ne peut pas attendre de Kerry qu’il présente un document qui soit écrit à 100% par nous ou qui réponde à 100% à toutes les attentes ou toutes les demandes de l’Etat d’Israël, mais c’est un document qui servira de base pour les négociations », a déclaré M. Liberman, chef du parti nationaliste, Yisrael Beytenu, à la radio publique.

Il affirmait ainsi son soutien à une acceptation des propositions de paix de M. Kerry que ce dernier doit présenter dans les prochaines semaines.

« Dans le document de Kerry, il y aura des éléments avec lesquels nous serons d’accord et d’autres non », a ajouté M. Liberman.

“Il y a ceux qui disent de ‘ne céder aucune terre’ et ceux qui veulent ‘un accord avec les Palestiniens à tout prix’, moi je dis oui à l’accord avec les palestiniens mais pas à n’importe quel prix,“ a-t-il souligné.

« Nous avions déjà eu un accord de paix, qui avait plus de trous qu’un fromage suisse, a-t-il ajouté, faisant référence aux accords d’Oslo de 1993, qui avaient échoué à mettre fin au conflit israélo-palestinien

Ce ministre controversé, revenu à la tête du ministère des Affaires étrangères en novembre 2013, après avoir été acquitté d’accusations de corruption, avait affirmé à plusieurs reprises dans le passé ne pas croire à la possibilité d’un accord avec les Palestiniens et rejeté le président Mahmoud Abbas comme partenaire à des négociations.

« Tout le monde a le droit d’avoir des opinions différentes (…) cela ne les transforme pas en anti-Israéliens, pas en antisémites et pas en ennemis », a-t-il souligné dimanche.

M. Liberman avait déjà défendu vendredi le rôle de médiateur de M. Kerry entre Israël et les Palestiniens, prenant le contre-pied de plusieurs ministres du gouvernement de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Nous assistons actuellement à une bataille rhétorique à qui attaquera le plus Kerry. Je veux le dire clairement : Kerry est un vrai ami d’Israël et il n’est pas très intelligent de transformer un ami en ennemi », avait-il alors déclaré.

M. Lieberman, longtemps la bête noire des chancelleries européennes et de Washington, a adopté une ligne plus modérée depuis son retour aux Affaires étrangères en novembre.

La porte-parole du département d’Etat américain Jen Psaki a salué vendredi ses propos sur M. Kerry. « Il s’agit assurément (…) d’un message fort étant donné (…) son passé sur ces questions et ses positions antérieures », a-t-elle déclaré.