Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a demandé que 4,8 milliards de shekels supplémentaires soient injectés dans le budget de la Défense. Il a invoqué des « changements significatifs » dans la région qui affecte la sécurité d’Israël, notamment les développements en cours en Syrie et ailleurs qui menacent la sécurité israélienne.

La trésorerie a rejeté sa demande, au nom d’accords préalables, selon les médias israéliens.

Liberman a demandé ce supplément immédiat d’un montant de 4,8 milliards de shekels à son budget, disant que les chiffres précédemment décidés en 2015 étaient insuffisants au vu des changements spectaculaires induits par la guerre civile syrienne et dans toute la région.

Ce budget de défense de cinq ans avait été négocié et signé par l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon et le ministre des Finances Moshe Kahlon en 2015 après des négociations brutales. En 2016 et en 2017, les budgets annuels à la Défense s’élevaient approximativement à 70 milliards de shekels et près d’un quart de la somme provenait de l’aide militaire américaine.

« Il y a un changement significatif dans la situation sécuritaire de la région, ce qui nécessite une augmentation du budget de la défense », a dit Liberman. « Afin de garantir la sûreté des citoyens israéliens, nous devons faire des ajouts dans le budget ».

Des soldats russes montent la garde dans une rue centrale de la ville de Deir Ezzor, dans l’est de la Syrie, alors que des enfants posent à leurs côtés sur une photographie prise durant une visite des journalistes assurée par l’armée russe le 15 septembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / France2 / Dominique DERDA)

Le ministre de la Défense a identifié trois sujets porteurs d’inquiétude : la présence russe massive en Syrie, le flux des armes de précision dans la région – pas seulement via le Hezbollah, mais également par le biais d’autres groupes terroristes – et une « accélération dramatique » des activités de l’industrie militaire iranienne.

« Il ne s’agit pas seulement d’une source de préoccupation pour nous. La Ligue arabe a évoqué en Egypte l’accumulation rapide d’armements par l’Iran », a indiqué Liberman, se référant à la rencontre du groupe de nations arabes qui a eu lieu dimanche.

Il a noté que, suite à l’accord sur le nucléaire iranien passé en 2015, la République islamique a augmenté sa défense à une vitesse plus importante que cela n’a été le cas en Israël. Au début de l’année, le président iranien Hassan Rouhani s’est vanté d’avoir augmenté le budget de la défense de 145 % au cours des quatre dernières années.

L’Iran est en train de créer un « pont terrestre », parfois nommé le « croissant chiite », ce qui donne à ses forces la possibilité d’un passage terrestre à travers l’Irak et la Syrie vers le Liban et la mer Méditerranée.

En résultat de ces changements, les militaires israéliens devront se préparer à mener plus d’attaques derrière les lignes ennemies et à renforcer leurs défenses existantes.

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon, à gauche, avec le ministre des Finances Moshe Kahlon au ministère de la Défense de Jérusalem avant l’annonce de l’accord d’un budget pour la défense pour les cinq prochaines années, le 18 novembre 2015 (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Liberman a indiqué que ces nouveaux développements seraient conformes à une condition mentionnée dans l’accord de budget de novembre 2015 qui permet un renouvellement des négociations si « un changement économique ou sécuritaire est considéré comme étant ‘majeur’ par les ministères ».

Le ministre de la Défense a indiqué que les 4,8 milliards de shekels demandés seraient répartis au cours des trois prochaines années et qu’un quart de la somme serait consacré aux « processus de rationalisation internes ».

Il a également noté que le ministère a financé des projets qui ne font pas partie du budget, déboursant notamment environ 300 millions de shekels pour la construction de la barrière souterraine autour de la bande de Gaza. Le Times of Israël n’a pas pu confirmer ce chiffre de manière indépendante.

Le ministre de la Défense a fait savoir qu’il ne menaçait pas d’un arrêt militaire si cette augmentation ne lui était pas remise. « Je veux simplement que tout un chacun soit conscient de la situation sensible dans laquelle nous nous trouvons », a-t-il indiqué.

« La majorité de tout cela n’a rien à voir avec nous mais, en fin de compte, la situation est fragile et volatile », a estimé Liberman.

Le ministre de la Défense a noté des pénuries significatives dans les abris anti-bombardements dans le nord d’Israël – une région qui serait la plus touchée par une éventuelle guerre contre le Hezbollah, groupe mandataire de l’Iran.

« C’est une population qui ne se lèvera pas pour construire des [abris]. Si l’Etat veut assurer la sécurité des civils, il doit aller là-bas dans les meilleurs délais », a-t-il ajouté.

« Nous nous concentrons sur la ligne qui relie Tibériade à Haïfa. Elle inclut des Druzes, des Arabes et des Juifs », a dit Liberman.

L’année dernière, le bureau du Contrôleur de l’Etat a estimé que le pays – et en particulier les régions du nord – ne sont pas préparées, ou peu, pour les attaques aux missiles.

Dans le nord d’Israël, environ 32 % des civils n’ont pas accès à un abri anti-bombardement approprié, avait dit l’an dernier l’armée au contrôleur.