Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s’est exprimé mardi en défaveur d’une proposition visant à faire passer la durée de service militaire obligatoire pour les hommes de 32 mois à 30.

Cette proposition avait été approuvée par la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset au début du mois de décembre. Elle attend maintenant de passer en deuxième et en troisième lecture devant l’assemblée avant de pouvoir devenir une loi. Si elle est adoptée, cette réduction du temps de service militaire commencera à s’appliquer en 2020.

Il s’agirait de la deuxième réduction du temps de service pour les hommes au sein de l’armée israélienne ces dernières années. Au mois de juillet 2015, les hommes avaient demandé que leur période de service obligatoire passe de 36 à 32 mois.

Mais Liberman a expliqué qu’un service militaire moins long ne pouvait être une alternative acceptable.

“J’espère que nous sommes aptes au dialogue et que nous pourrons trouver un accord avec la Trésorerie concernant la durée du service militaire,”, a-t-il indiqué. “Après une étude attentive, un service de deux ans est inacceptable”.

Avigdor Liberman, le 5 janvier 2014, à Jérusalem (Crédit : Flash 90)

Avigdor Liberman, le 5 janvier 2014, à Jérusalem (Crédit : Flash 90)

“A mon avis, nous devrions revenir à 36 mois”, a ajouté Liberman.

L’amendement proposé entre dans le cadre de ce qui est connu sous le nom de Loi sur les arrangements, une législation présentée chaque année par le gouvernement contenant les projets de loi et les mesures nécessaires pour garantir le maintien du budget.

Selon les prévisions faites par l’armée, la baisse récente à 32 mois et la réduction à venir à 30 mois du service militaire auront pour conséquence une baisse notable du nombre de soldats hommes servant au sein de Tsahal ces prochaines années.

Les chiffres présentés par la direction chargée des Ressources Humaines le mois dernier ont montré une chute significative des recrues à de nombreux postes cruciaux en résultat du nouveau service de 32 mois, notamment du nombre de soldats dans les unités de combat, des chauffeurs, des militaires au sein des unités informatiques et des officiers.

Et pourtant, le Brigadier Général Eran Shani, chef des ressources humaines au sein de l’administration éponyme, a assuré aux membres de la Commission que la sécurité en Israël ne serait pas affectée par la baisse du nombre global des soldats enrôlés, la force de combat totale de l’armée étant constituée à plus de deux-tiers de réservistes.

“Les guerres sont décidées par la réserve, pas par l’armée permanente”, a expliqué Shani à la Commission le mois dernier.

“L’armée serait contente d’avoir des soldats… Mais il y a d’autres choses dont le pays a besoin”, a-t-il ajouté.

Le Parlementaire Eyal Ben-Reuven à la Knesset le 29 mars 2015 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le Parlementaire Eyal Ben-Reuven à la Knesset le 29 mars 2015 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Les membres de la Commission Amir Ohana and Rachel Azaria, respectivement issus du Likud et de Koulanou, ont salué cette mesure, notant son influence potentiellement positive sur l’économie israélienne, plus de citoyens pouvant rejoindre le marché de la main-d’oeuvre ainsi que son impact immédiat sur les soldats en tant qu’individus.

Toutefois, même si cette législation a avancé, elle n’a pas échappé aux critiques.

A travers tout le débat général qui a eu lieu sur le sujet, Eyal Ben-Reuven, issu de l’Union Sioniste et membre de la Commission, qui est également ancien général de Tsahal, a exprimé ses réserves face à l’approbation d’une telle loi alors que l’Etat-Major de l’armée doit encore mener une enquête poussée sur toutes ses ramifications.

“Sans une étude correcte conduite par l’armée israélienne qui puisse définir ce dont elle a besoin et ce qu’elle veut pour les années en question, ce n’est pas encore le moment d’adopter cette loi”, a expliqué Ben-Reuven au cours d’une discussion sur le sujet le mois dernier.