Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a lancé un projet législatif visant à interdire la branche Nord radicale du Mouvement islamique.

Yedioth Ahronoth a rapporté mardi que sur les instructions de Liberman, son fouet à la Knesset, le député Alex Miller, a présenté un projet de loi visant à interdire le groupe.

Selon le projet de loi « nous avons assisté récemment à un renforcement de l’islam radical dans notre région, semant la mort et la destruction massive, tout en détruisant l’Etat de droit ».

« La branche Nord du Mouvement islamique opère ouvertement sous la souveraineté de l’Etat d’Israël, tout en profitant cyniquement des institutions et des valeurs fondamentales d’un État juif et démocratique ».

Le projet de loi accuse le groupe de collaboration avec le Hamas. « Avec le temps, nous avons été témoins des activités de la branche nord conduisant à la recrudescence de la violence et aux troubles au sein de la minorité arabe en Israël, tout en maintenant des relations étroites avec l’organisation terroriste du Hamas. Ces activités sont encore plus destructrices, car elles sont faites à l’intérieur des institutions étatiques. »

La branche Nord du Mouvement islamique est dirigée par l’extrémiste religieux arabo-israélien cheikh Raed Salah, qui a été condamné en Israël pour un certain nombre d’accusations, y compris l’incitation à la violence et pour avoir craché sur un policier.

Sheikh Raed Salah, head of the radical wing of the Islamic Movement in Israel, outside Ramla prison near Tel Aviv in 2010. (photo credit: Yossi Zeliger/Flash 90)

Sheikh Raed Salah, près de Tel Aviv en 2010. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash 90)

L’organisation est tolérée en Israël, mais est constamment sous surveillance en raison de ses liens idéologiques et institutionnels supposés avec le Hamas, ainsi que d’autres groupes musulmans à travers le monde.

Plus tôt ce mois-ci, l’adjoint de Salah dans le Mouvement islamique, cheikh Kamal Khatib, a déclaré à la télévision de l’Autorité palestinienne qu’il espérait que Jérusalem serait la capitale du « juste califat islamique à venir », ainsi que de l’État palestinien.

Katib a également déclaré que « l’EIIL est un petit groupe qui a été créé par l’Occident comme un prétexte pour intervenir dans les pays islamiques de l’Orient », selon la traduction par l’Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient basé à Washington (lire l’article de MEMRI en français).

Liberman n’est pas le premier homme politique à demander l’interdiction de la branche Nord.

En juin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé le mouvement d’être derrière les rassemblements de soutien à l’enlèvement des soldats israéliens, et a demandé aux autorités compétentes d’envisager de déclarer la branche Nord du mouvement comme organisation illégale. Cette mesure offre aux organismes de sécurité de plus vastes outils pour enquêter sur l’organisation.

Lors d’une réunion du cabinet en mai, Netanyahu avait soulevé l’idée d’interdire le groupe, mais le ministère de la Justice s’y serait opposé.

L’ex-Premier ministre Ariel Sharon avait également examiné la possibilité en 2002, selon Haaretz, mais n’a pas mené l’affaire à terme.