Tripoli (AFP) – Quatre membres de l’ambassade d’Egypte à Tripoli, dont l’attaché culturel, ont été enlevés samedi dans la capitale libyenne, au lendemain de l’enlèvement d’un premier diplomate égyptien, selon le porte-parole du ministère libyen des Affaires étrangères.

« L’attaché culturel et trois autres fonctionnaires de l’ambassade d’Egypte ont été enlevés samedi [25 janvier] à Tripoli », a déclaré à l’AFP Saïd Lassoued.

Saïd Lassoued a précisé que les quatre fonctionnaires ont été enlevés très tôt le matin, mais il n’était pas en mesure de fournir plus de détails sur les circonstances de ces enlèvements.

Vendredi, un diplomate égyptien a été enlevé chez lui à Tripoli. Il s’agit, selon les Affaires étrangères égyptiennes, d’un attaché administratif.

Pas de revendications pour le moment, mais des sources de sécurité à Tripoli n’écartent pas que ces différents enlèvements soient liés à l’arrestation, en Egypte, d’un chef connu des ex-rebelles qui avaient combattu le régime de Kadhafi en 2011.

Chaaban Hadeia, chef du Centre d’opérations des révolutionnaires de Libye, d’obédience islamiste, a été arrêté vendredi en Alexandrie, sur la côte méditerranéenne, selon les mêmes sources. Il est à la tête d’un groupe d’ex-rebelles qui dépend officieusement du ministère libyen de la Défense.

La présidence du Congrès général national libye (CGN, parlement), la plus haute autorité du pays, a dénoncé vendredi cette arrestation, indiquant avoir donné des instructions au gouvernement et à l’ambassadeur libyen au Caire pour « prendre les mesures nécessaires en vue de la libération immédiate » de Chaaban Hadeia.

Aucune confirmation de son arrestation n’a pu être obtenue dans l’immédiat auprès des autorités égyptiennes.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, les autorités de transition se montrent incapables de rétablir l’ordre et la sécurité dans un pays en proie à l’anarchie et aux violences meurtrières.

Elles ont échoué notamment à contrôler des dizaines de milices armées formées par des ex-rebelles et qui font la loi dans le pays.

La situation est particulièrement critique dans l’est du pays, en particulier à Derna et Benghazi, devenues les fiefs d’islamistes radicaux qui sont accusés régulièrement d’être derrière des dizaines d’assassinats et des attentats contre des intérêts occidentaux et les forces armées libyennes.

Deux Italiens travaillant pour une entreprise de travaux publics ont été kidnappés la semaine dernière par un groupe armé dans cette région.

Un représentant du gouvernement sud-coréen pour le commerce en Libye a été en revanche libéré mercredi par les forces de sécurité, trois jours après son enlèvement à Tripoli.