Le président du Congrès général national libyen (CGN, Parlement) a décidé de la formation d’une force armée pour lever le blocage des sites pétroliers imposé depuis l’été dernier par des rebelles autonomistes, a annoncé un porte-parole lundi.

Nouri Abou Sahmein, qui est également le chef des forces armées libyennes, a décidé de « la formation d’une force armée pour libérer et lever le blocage sur les ports pétroliers », a déclaré le porte-parole du CGN, Omar Hmidan.

M. Hmidan, cité par l’agence libyenne Lana, a précisé que cette force serait composée d’unités de l’armée libyenne et d’ex-rebelles qui ont combattu le régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Depuis juillet 2013, des autonomistes bloquent des terminaux pétroliers, suspendant les exportations de brut et privant ainsi le pays de sa principale source de revenus. Ce blocage a provoqué une chute de la production à 250 000 barils par jour, contre près de 1,5 million b/j auparavant.

La crise a connu de nouveaux développements après que les rebelles ont annoncé samedi qu’ils allaient commencer à exporter du brut pour leur compte, en dehors de tout contrôle de l’Etat.

Cette annonce était intervenue après l’arrivée d’un pétrolier battant pavillon nord-coréen dans le port d’al-Sedra, contrôlé par des autonomistes lourdement armés.

Des forces de la marine libyenne, appuyées par d’ex-rebelles, ont été déployées au large de ce port pour empêcher le navire de repartir avec sa cargaison.

Lundi, le ministre du Pétrole par intérim, Omar al-Chakmak, a indiqué que le navire avait interrompu le processus du chargement du brut, mais n’avait pas quitté le périmètre du port.

Le pétrolier « s’est dirigé vers l’est mais s’est arrêté » non loin du port d’al-Sedra, a-t-il ajouté.

Un membre d’un comité de crise formé par les autorités a précisé à l’AFP sous le couvert de l’anonymat, que le navire, d’une capacité de 350 000 barils, avait chargé 234 000 barils.

Depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011 après une rébellion de huit mois, la Libye est confrontée à une forte instabilité politique, des tendances séparatistes et à des violences incontrôlées dans un contexte de prolifération des armes, qui empêchent tout essor économique.