Licenciements : les employés de Teva menacent de faire exploser l’usine de Jérusalem
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Licenciements : les employés de Teva menacent de faire exploser l’usine de Jérusalem

200 employés sont barricadés dans l'usine de Jérusalem qui doit être fermée. Des centaines de salariés vont arrêter le travail sur les sites du pays. Des discussions sont prévues avec les ministres des Finances et de l'Economie

Les employés de Teva brûlent des pneus dans une manifestation contre le licenciement de centaines d'employés par la compagnie aux abords du bâtiment de TEVA à Jérusalem, le 17 décembre 2017 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Les employés de Teva brûlent des pneus dans une manifestation contre le licenciement de centaines d'employés par la compagnie aux abords du bâtiment de TEVA à Jérusalem, le 17 décembre 2017 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Les employés de l’entreprise pharmaceutique Teva ont menacé lundi de faire exploser l’une des usines du groupe à Jérusalem, si une décision finale est prise de fermer l’usine dans le cadre de licenciements prévus qui supprimeraient un quart de la main-d’oeuvre chez ce géant du médicament.

« Notre usine est une bombe à retardement, nous avons une pile d’explosifs et des matériaux empoisonnés – tout le pays devrait être en alerte », a indiqué Itzik Ben Simon, président du syndicat à l’usine de comprimés de Jérusalem, à la chaîne Hadashot.

Ben Simon fait partie de 200 employés qui se sont barricadés dans l’usine dimanche et qui ont passé la nuit sur le site. Les travailleurs ont empêché les managers de quitter les bâtiments tandis que d’autres – notamment des proches des employés – ont fait brûler des pneus à l’extérieur, selon les médias en hébreu.

« Si la décision est finalement prise par le [Premier ministre Benjamin] Netanyahu et par le ministre des Finances [de fermer l’usine], nous franchirons les lignes rouges. S’ils tentent d’économiser 20 millions de shekels, l’explosion de l’usine Teva coûtera aux environs de 220 millions de dollars », a-t-il dit.

Teva a l’intention de licencier environ 1 750 personnes dans tout le pays et de fermer deux usines dans la capitale. Les chefs des différents syndicats de l’entreprise devraient rencontrer le ministre des Finances Moshe Kahlon, le ministre de l’Economie Eli Cohen et le président de la Histadrout Avi Nissenkorn pour des entretiens sur ces licenciements.

Dans le cadre de ces manifestations continues, les travailleurs étaient lundi en grève au siège de la compagnie à Petah Tikvah, à l’usine médicale de Teva à Ashdod, et à l’usine Planetex de Teva à Netanya. Sur le site de Kfar Saba, 250 employés seront en grève lundi entre 12 heures et 16 heures.

Pendant la matinée, les manifestants ont bloqué l’entrée nord de la ville portuaire d’Ashdod.

« Je vais demander une chose au ministre des Finances – qu’il laisse Teva à Jérusalem travailler pour toujours. C’est notre requête et le message qui sera donné au Premier ministre est le suivant : Notre usine va rester », a dit Ben Simon. « Nous sommes une entreprise rentable avec de bons résultats au fil des années et je pense donc, je le crois, et j’en ai la certitude, que l’usine restera là ».

A Jérusalem, les employés qui se sont barricadés ont prévu de rester en place.

Le chef de la Histadrut Avi Nissenkorn à la cour nationale du travail à Jérusalem, le 5 décembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Nissenkorn a pressé le gouvernement de trouver une solution à la crise, selon un reportage diffusé par la Dixième chaîne.

« La campagne pour le bleu et blanc et le sauvetage de l’industrie locale doivent commencer par la protection des sites de travail », a dit Nissenkorn, se référant aux couleurs du drapeau israélien. « Le gouvernement et l’administration de Teva ont la responsabilité de mettre un terme à cette crise. Les licenciements sont un dernier recours et toutes les parties concernées doivent se joindre pour minimiser l’impact sur les employés et pour s’assurer que Teva, avec toutes ses usines, restera en Israël ».

Le plan de restructuration de l’entreprise annoncé la semaine dernière par le groupe israélien Teva prévoit la suppression de 14 000 emplois dans le monde au cours des deux prochaines années, sur plus de 55 000 salariés au total.

En Israël, 1750 employés, soit un quart de la main-d’oeuvre locale, devrait perdre son travail.

Teva s’est lourdement endetté après l’acquisition pour 40 milliards de dollars de la filiale générique de son adversaire Allerga, l’année dernière.

Cette acquisition a été accompagnée par de bas prix pour les génériques, en particulier aux Etats-Unis, un marché majeur.

L’AFP a contribué à cet article.

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