La possibilité de laisser des colons israéliens sous la gouverne des palestiniens en Cisjordanie « n’est pas une idée mauvaise ou irréaliste, » affirme l’ex-dirigeante du parti travailliste HaAvoda, la députée Shelly Yachimovich.

En s’exprimant sur les ondes de Radio Israel, Shelly Yachimovich a stipulé que le plan aiderait peut-être les négociations de paix car il n’implique pas l’évacuation en masse de citoyens israéliens de chez eux.

La député a ajouté qu’un plan similaire avait déjà été présenté aux dirigeants de l’Autorité palestinienne par le passé.

« L’indignation exprimée par les dirigeants palestiniens [par rapport au plan] ne m’est pas très claire, » a-t-elle dit. « L’idée avait déjà été présentée dans le passé, et a été discutée par les négociateurs palestiniens, qui, à l’époque, ne semblait pas trouver cela si dramatique. »

Dimanche 26 janvier, un fonctionnaire du bureau du Premier ministre a indiqué au Times of Israel que Benjamin Netanyahu n’a aucune intention de forcer les colons à partir même au sein d’un accord durable. Il préférerait leur laisser le choix de rester en « Palestine » en tant que communauté minoritaire juive ou de déménager dans des endroits gouvernés par Israël. Le fonctionnaire mettait en avant le commentaire du Premier ministre fait à Davos selon lequel il n’a « l’intention de détruire aucune colonie [et] je n’ai l’intention de déplacer aucun Israélien. »

Suite aux déclarations du Premier ministre, l’ex-dirigeant du renseignement militaire, Amos Yadlin, a dit mardi 28 janvier que les Israéliens qui choisiraient de rester en Cisjordanie gouvernée par les Palestiniens pourraient être protégés par les Autorités palestiniennes si elles en étaient capables. Il a ajouté qu’il n’y avait pas d’obstacle diplomatique qui empêcherait ce plan.

Cependant, Benjamin Netanyahu est la cible de lourdes critiques venant de la droite, notamment de la part du leader du parti HaBayit HaYehudi et ministre de l’Economie, Naftali Bennett. Le ministre député de la Défense, Danny Danon, le ministre député des Affaires étrangères, Zeev Elkin, la ministre députée des Transports, Tzipi Hotolevy et le ministre député Ofir Akunis, tous membres du Likoud, se sont également retournés contre les propos du Premier ministre.

Mardi 28 janvier, le député Uri Auerbach, de HaBayit HaYehudi, a qualifié le plan de Benjamin Netanyahu d’idée « ridicule » et a déclaré sur Radio Israel que cette idée n’aurait pas dû être soulevée, « même en plaisantant. »

Le dirigeant du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90).

Le dirigeant du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90).

Le dirigeant de HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, a appelé le Premier ministre dimanche soir, à abandonner l’idée de « colons dirigés par les Palestiniens ». Il a également fait remarquer que la position de Benjamin Netanyahu « reflète des valeurs irrationnelles. »

« Jamais, » a écrit Naftali Bennett sur sa page Facebook. «  Nous ne sommes pas rentrés sur les terres d’Israël après 2000 ans d’attente pour vivre sous le gouvernement de Mahmoud Abbas. Celui qui soutient l’idée de la vie juive en Israël gouvernée par les Palestiniens met en danger notre capacité à demeurer à Tel Aviv. »

L’Autorité palestinienne a également rejeté l’idée à plusieurs reprises. Leurs négociateurs on réitéré cette position dimanche 26 janvier dans la soirée.

« Celui qui dit qu’il veut garder les colons dans un Etat palestinien, dit, en réalité, qu’il ne veut pas d’un Etat palestinien. » a déclaré Saeb Erekat. « Aucun colon ne sera autorisé à rester dans un Etat palestinien, pas un seul, car les colonies sont illégales et la présence de colons sur des terres occupées est illégale. »

La politicienne Hanan Ashrawi, janvier 2012(Crédit: Miriam Alster/Flash90)
La politicienne Hanan Ashrawi, janvier 2012(Crédit: Miriam Alster/Flash90)

Hanan Ashrawi, membre du comité de direction de l’OLP, s’est exprimée sur la position de l’Autorité palestinienne du lundi 27 janvier. Elle a déclaré qu’une claire distinction devait être faite entre les colons et les individus juifs qui décideraient de vivre dans un Etat palestinien.

« Toute personne, qu’elle soit juive, chrétienne ou bouddhiste, aura le droit de demander la nationalité palestinienne, » a dit Hanan Ashrawi au Times of Israel. « Notre loi interdit toute forme de discrimination basée sur la race ou l’ethnicité. »

Ajoutant toutefois, que les Palestiniens n’accepteraient pas d’« enclaves ex-territoriales juives, » où les résidents maintiendraient leur statut de citoyen israélien. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, n’a pas de problèmes avec l’idée d’avoir des Juifs dans l’Etat palestinien, a-t-elle conclu.