L’émission satirique culte « Saturday Night Live » est arrivé jeudi en tête des nominations aux Emmy Awards, les récompenses de la télévision américaine, à égalité avec la série de science-fiction de HBO « Westworld », chacune nommée 22 fois.

Avec une distribution renouvelée et plus de poids lourd de la comédie, « SNL » avait perdu de son lustre ces dernières années, mais l’élection de Donald Trump lui a redonné un salutaire coup de fouet.

Les imitations récurrentes du nouveau président par l’acteur Alec Baldwin, suivie de celles remarquées du porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer par l’actrice Melissa McCarthy, ont propulsé l’audience de l’émission hebdomadaire 30% au-dessus de son niveau moyen de 2016 et à des niveaux plus vus depuis près de 25 ans.

Avec ses 22 nominations, « Saturday Night Live » a porté son total à 231 en 42 saisons, de très loin le record en la matière.

Liev Schreiber a été nominé jeudi dans la catégorie « Meilleur acteur »pour son rôle dans la série « Ray Donovan ».

Liev Schreiber s’est entraîné à la boxe de temps à autres pendant 18 ans. C’est un amoureux de l’art du combat et il a joué un grand nombre de ‘durs’ à l’écran – de manière plus notable, le champion Mischa dans le film « Jakob le menteur » sur la Deuxième guerre mondiale et, bien sûr, Ray Donovan, l’homme de main de la série éponyme diffusée sur Showtime. Il lui a donc semblé logique d’interpréter le rôle-titre du biopic « Outisider » consacré à la vie du boxeur poids lourd Chuck Wepner et sorti en mai dernier en France.

Les parents de Schreiber ont divorcé quand il était jeune et son grand-père, un juif socialiste de l’ancien temps a été une grande source d’inspiration. Il travaillait dans la distribution de viande, a dépensé les économies de toute une vie pour aider sa mère à obtenir la garde de l’enfant.

L’acteur, qui avait qualifié dans le passé sa mère de « hippie », considère dorénavant le terme de « bohème » comme étant mieux approprié.

Comment son grand-père – un juif socialiste de l’ancien temps – a inspiré Liev Schreiber

La cérémonie des Emmy Awards aura lieu le 17 septembre à Los Angeles et sera présentée par l’humoriste Stephen Colbert, animateur du « Late Show » sur la chaîne CBS, qui retransmettra l’événement.

Dans un tout autre style, la série de science-fiction « Westworld », qui se déroule dans un parc d’attractions peuplé d’humanoïdes où tout est permis, partage la tête de la promotion 2017.

HBO toujours dominateur

C’est une victoire pour HBO, qui se présentait cette saison sans sa tête de gondole, « Game of Thrones ».

La septième saison de « GoT », dont le premier épisode sera diffusé dimanche, est, en effet, arrivée trois mois plus tard qu’à l’habitude, hors délai pour concourir aux Emmys.

La série fantastico-médiévale a déjà été récompensée 38 fois en six saisons, raflant notamment 12 statuettes l’an dernier, ce qui égalait le record absolu, qu’elle avait elle-même établi en 2015.

Mais HBO a montré jeudi qu’elle avait des ressources, en écrasant de nouveau la concurrence avec 110 nominations, devant la plateforme de vidéo en ligne Netflix, qui continue de monter en puissance, avec 91 nominations.

Créée en 1972 autour d’une programmation axée sur les films et le sport, Home Box Office a su négocier le tournant des séries à la fin des années 90 et investir dans du contenu propre.

Dans la course aux Emmys, elle a pu compter sur la valeur sûre « Veep », série humoristique sur une vice-présidente gaffeuse incarnée par Julia Louis-Dreyfus, nommée 17 fois, mais aussi sur beaucoup de nouveaux programmes déjà salués par l’Académie de la télévision, qui organise les Emmy Awards.

Outre « Westworld », ont ainsi notamment été sélectionnés la série dramatique « Big Little Lies », avec Nicole Kidman et Reese Witherspoon qui ont toutes deux été nommées pour le prix du premier rôle féminin dans un programme à nombre d’épisodes limité ou un téléfilm.

Derrière HBO, Netflix est désormais le deuxième pôle de production en terme de nominations, soutenu par l’inamovible « House of Cards », mais aussi par de nouveaux programmes, comme la série fantastique hommage aux années 80 « Stranger Things », nommée 18 fois cette année.

La plateforme de vidéo à la demande devance très nettement sa concurrente Amazon qui, avec 16 nominations, arrive même cette année derrière Hulu (18), qui affiche de nouvelles ambitions, incarnées notamment par la nouvelle série « La Servante écarlate », régulièrement présentée par la critique américaine comme la meilleure nouvelle série de 2017 jusqu’ici.

Les nominations aux Emmys ont aussi mis en évidence la poursuite de l’érosion des grandes chaînes gratuites historiques, même si NBC tire son épingle du jeu (60 nominations), grâce à « Saturday Night Live » mais aussi à sa nouvelle série dramatique « This is Us », nommée 11 fois.