La Ligue arabe a accepté dimanche une requête émanant de l’Autorité palestinienne visant à former un comité dont l’objectif sera d’entraver la candidature d’Israël au statut de membre du Conseil de sécurité des Nations unies, a fait savoir un responsable palestinien.

Israël a fait savoir que l’Etat juif se présenterait comme candidat à un siège au sein de ce panel de 15 membres, qui forme le forum le plus puissant de l’ONU, en 2019-2020 et pour la toute première fois de son histoire.

Les élections pour les sièges de 2019-2020 auront lieu pendant l’été 2018.

L’ambassadeur palestinien au Caire, Jamal al-Shobaki, qui est également le représentant de l’AP au sein de la Ligue arabe, a indiqué que cinq groupes arabes vont oeuvrer afin d’écarter la candidature d’Israël, selon le site d’information officiel de l’AP, Wafa.

L'ambassadeur palestinien au Caire, Jamal al-Shobaki, qui est également le représentant de l'Autorité palestinienne à la Ligue arabe (Capture d'écran : YouTube)

L’ambassadeur palestinien au Caire, Jamal al-Shobaki, qui est également le représentant de l’Autorité palestinienne à la Ligue arabe (Capture d’écran : YouTube)

Il s’agit de la présidence du sommet arabe, de la Présidence du conseil ministériel, de l’Autorité palestinienne, du Secrétaire-général de la Ligue arabe et de l’Egypte, qui est actuellement le seul membre arabe du Conseil de sécurité.

Shobaki a fait ces commentaires en marge d’une session à huis-clos du Conseil de la ligue arabe au Caire.

Israël veut obtenir un siège au sein du Conseil international le plus important au monde depuis au moins 2013.

Jérusalem prévoit de se porter candidat à au moins un siège sur les deux qui sont alloués aux pays d’Europe occidentale et autres groupes, dans lequel l’Etat juif a été admis en l’an 2000.

Une lutte pour les votes africains

Une bataille essentielle aura lieu en Afrique, où Israël a approfondi ses relations ces dernières années. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu en Afrique à deux occasions l’année dernière, faisant du renforcement des liens avec le continent l’un de ses objectifs prioritaires en matière de politique étrangère.

Au-delà de la quête de nouveaux marchés pour l’agriculture, les hautes technologies et le savoir-faire sécuritaire d’Israël, le Premier ministre s’intéresse également à faire évoluer les votes des pays africains sur les affaires liées à l’Etat juif au sein des forums internationaux, comme le Conseil de sécurité des nations unies ou l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

« Il doit y avoir des efforts arabes intensifs pour empêcher Israël de devenir membre du Conseil de sécurité et pour obtenir les votes des nations africaines », a dit Shobaki.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre des dirigeants et des représentants des Etats africains en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, le 22 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre des dirigeants et des représentants des Etats africains en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le 22 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

« Les Arabes et les Africains partagent des relations historiques et culturelles et les pays africains ont un rôle majeur dans le soutien à la cause palestinienne. La majorité… maintiendra son soutien historique, » a-t-il ajouté.

Le Togo, qui est membre de l’Organisation de la coopération islamique, organise un sommet Afrique-Israël prévu du 23 au 27 octobre dans sa capitale de Lomé. Le Togo devrait inviter les 54 pays du continent à cet événement, mais les Palestiniens, le Maroc et l’Afrique du sud tentent activement de faire avorter la rencontre.

Shobaki a déclaré dimanche qu’un projet de résolution était soumis au conseil de la Ligue arabe par les Palestiniens et l’Arabie saoudite « en liaison » avec ce sommet programmé.

Au mois de décembre, lors de la toute première visite d’un Premier ministre israélien en exercice au Kazakhstan, Netanyahu avait demandé au pays musulman de soutenir la candidature israélienne aux Nations unies.

« Mon espoir est que – et je le dis à tous nos amis – ce formidable partenariat que nous sommes en train de construire ici se reflétera également dans les forums internationaux comme l’ONU. Cela commence à arriver. Un grand bateau ne fait pas une longue traversée en une nuit, nous comprenons que le bateau est grand. Mais les choses vont changer et elles changent déjà », avait déclaré Netanyahu au président du Kazakhstan Nursultan Nazarbayev.

Il avait ajouté que « maintenant, si vous voulez voir un vrai changement dans le monde, imaginez l’Etat d’Israël au Conseil de sécurité des Nations unies – c’est un changement ».

Raphael Ahren a contribué à cet article.