Jadeep Sarkar, l’ambassadeur d’Inde en Israël, estime que l’Etat juif devrait renforcer ses relations avec son pays.

Alors que l’Asie devient un important partenaire commercial d’Israël, une concurrence commence à se mettre en place entre l’Inde et la Chine, les deux géants asiatiques, pour obtenir la technologie israélienne.

Les Israéliens voient la Chine comme la destination par défaut pour les bonnes affaires dans la région, mais, selon Sarkar, il est peut être temps de penser à son pays.

« L’Inde est une démocratie stable depuis des décennies et avec un système judiciaire efficace », précise Sarkar au Times of Israel.

« Nous avons une grande population de personnes techniquement qualifiées qui parlent anglais. Et les Israéliens en Inde ont un bon niveau de confort. Beaucoup d’entre eux viennent visiter notre pays. Il n’y a aucune raison pour que nos deux pays ne soient pas en mesure de prospérer ensemble ».

En d’autres termes, l’Inde est tout ce que la Chine n’est pas.

Sarkar a habilement évité de le dire ouvertement. En tant que diplomate, Sarkar, en réponse à une question sur ce sujet, a évité toute comparaison directe entre son pays et la Chine, en vantant les mérites de l’Inde.

Ces avantages sont importants. Comme de nombreux hommes d’affaires israéliens qui travaillent en Chine peuvent en témoigner. Les barrières linguistiques peuvent être considérables.

Trouver un traducteur qui parle couramment l’anglais et le mandarin, langue largement parlée et comprise dans les régions industrialisées de la Chine, peut être difficile.

La culture de l’entreprise peut également être un problème. Souvent, les Israéliens doivent s’habituer à une toute nouvelle façon de faire les choses, racontent ceux qui ont travaillé en Chine.

Ce qui est encore plus difficile est de s’assurer que la propriété intellectuelle est protégée, disent les experts. L’application des lois en propriété intellectuelle est très faible en Chine.

Même si une société israélienne est en mesure d’obtenir un jugement contre une société chinoise pour la violation d’un brevet, « les sanctions sont ridiculement basses, et souvent constituées uniquement d’une amende », a déclaré Zvi Shalgo, président du groupe PTL et président de la Chambre de commerce israélienne à Shanghai.

Ces dernières années, le gouvernement chinois a fait des efforts pour appliquer les lois déjà en vigueur et pour en voter des nouvelles, a-t-il ajouté. Mais veiller à ce que la propriété intellectuelle soit protégée reste toujours un défi.

Pour de nombreuses entreprises israéliennes, cela vaut la peine de se mettre à la langue, à la culture et aux défis juridiques pour faire des affaires en Chine, parce que les possibilités sont intéressantes. Mais les débouchés en Inde le sont tout aussi bien, sinon mieux, selon Sarkar.

Il est beaucoup plus facile de prendre avantage de ces possibilités, parce que les Indiens et les Israéliens
« parlent en grande partie le même langage » culturel, juridique et linguistique.

Le marché indien est tout aussi grand, et a tout autant faim, tout comme le marché chinois. « Nous avons beaucoup de choses qui vous manquent », a déclaré Sarkar.

« L’Inde a beaucoup de main-d’œuvre. Elle crée chaque année 500 000 scientifiques, ingénieurs et travailleurs en technologie. Nous avons un énorme marché intérieur, avec une très grande population jeune qui souhaite aller de l’avant et rejoindre la classe moyenne. Et l’Inde est une grande porte d’entrée pour l’Asie du Sud, l’Afrique, l’Amérique latine et dans de nombreux pays avec lesquels Israël n’a pas de relations diplomatiques ou commerciales ».

Israël peut aussi faire beaucoup pour l’Inde, selon Sarkar. « Le système israélien est exceptionnel car il réunit la technologie et l’entrepreneuriat. Vous avez un merveilleux système d’incubation technologique dans vos universités. L’innovation et la technologie israélienne peuvent aider à résoudre de nombreux problèmes de notre pays. Il s’agit d’une relation d’affaires qui est gagnante pour les deux parties ».

Comme Sarkar l’a souligné, l’Inde est déjà très familière pour de nombreux Israéliens qui l’ont visitée après leur service militaire pendant leurs « escapades ».

Avec tant de choses en commun, pourquoi pas une relation d’affaires épanouie entre les deux pays comme avec la Chine ? En réalité, les deux font déjà beaucoup d’affaires, surtout dans la défense et la technologie agricole, a déclaré Sarkar.

Sarkar aimerait voir plus d’activité dans le domaine de la haute technologie, y compris dans les réseaux, la technologie mobile, de la biotechnologie et d’autres domaines sensibles.

« Que ces domaines ne soient pas aussi variés est la faute des deux pays, a-t-il affirmé. L’Inde n’a pas été assez profondément dans la compréhension de ce que peut faire Israël, et Israël n’a pas vu l’Inde comme un lieu de partenariat technologique », a déclaré Sarkar.

« Cela doit changer, pour le bénéfice de nos deux pays »

Pour aider à mettre en place ce processus, une organisation appelée l’India Cyber ​​Connect, dirigée par Vishal Dharmadhikari, est le fer de lance de la coopération en matière de cyber sécurité entre l’Inde et Israël.

« La cyber sécurité est un bon domaine pour commencer une relation technologique plus sérieuse entre Israël et l’Inde », a déclaré Dharmadhikari.

« Avec l’augmentation de l’utilisation des nuages [cloud] en Inde et partout dans le monde, des nombreux protocoles plus sécurisés doivent être mis en place. Israël est un centre mondial de la cyber-sécurité, et je crois que de nombreuses entreprises de haute technologie en Inde bénéficieraient de la technologie israélienne dans ce domaine ».