L’Iran a besoin de 30 000 centrifugeuses modernes pour alimenter en uranium enrichi son unique centrale nucléaire, un chiffre très supérieur à celui des machines actuellement installées, a déclaré dimanche un responsable nucléaire iranien.

Les déclarations d’Ali Akbar Salehi, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie nucléaire (OIEA), interviennent après une nouvelle série de discussions à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances afin de trouver un accord final sur la programme nucléaire controversé de Téhéran.

Les discussions butent notamment sur la définition des « besoins pratiques » de l’Iran et les deux parties doivent se mettre d’accord sur le nombre et le type de centrifugeuses (les appareils réalisant l’enrichissement) utilisables par Téhéran, soupçonné par les Occidentaux et Israël de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil.

Dans le cadre d’un accord intérimaire signé en novembre avec le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), l’Iran s’est engagé à ne pas augmenter le nombre de ses centrifugeuses sur ses deux sites de Natanz et Fordo.

L’Iran possède actuellement plus de 19 000 centrifugeuses, dont près de 10 000 de la première génération (IR-1) en activité, et un millier de la deuxième génération (IR-2m), trois à cinq fois plus puissantes, qui n’ont pas été mises en activité.

« Si nous voulons utiliser le site d’enrichissement de Natanz pour produire chaque année le combustible destiné à la centrale nucléaire de Bouchehr, nous devons construire 30 000 centrifugeuses de nouvelle génération », a déclaré Salehi, cité par l’agence Fars.

« Puisque la construction de nouveaux sites d’enrichissement revient très cher, nous allons installer de nouvelles centrifugeuses à Natanz qui sont 15 fois plus puissantes que celles d’anciennes générations », a-t-il ajouté.

Bouchehr, en partie construite par la Russie sur la côte du Golfe, est entrée en service en 2011 et produit 1 000 mégawatts.

En octobre 2013, M. Salehi avait indiqué que l’Iran avait construit une ligne de production d’uranium enrichi dédiée à la centrale de Bouchehr. Mais il n’avait pas précisé quand l’Iran pourrait utiliser ce combustible à la place de celui fourni par Moscou.

Téhéran souhaite construire à terme 20 centrales nucléaires de 1 000 mégawatts, dont quatre à Bouchehr, afin de diversifier ses sources d’énergie pour être moins dépendant du pétrole et du gaz pour sa consommation intérieure.

En mars, la Russie a conclu un accord préliminaire pour la construction d’au moins deux nouvelles centrales nucléaires en Iran.