L’Iran a discuté de moteur à propulsion nucléaire avec le chef de l’AIEA
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L’Iran a discuté de moteur à propulsion nucléaire avec le chef de l’AIEA

La construction des navires, qui dépasserait certainement le niveau d'enrichissement d'uranium autorisé, est vu comme une vengeance après le renouvellement des sanctions américaines

Le directeur général de l'AIEA Yukiya Amano, à gauche, avec le président iranien Hassan Rouhani, à Téhéran, en octobre 2015. (Crédit : Mahmoud Hosseini/CC BY 4.0/WikiCommons)
Le directeur général de l'AIEA Yukiya Amano, à gauche, avec le président iranien Hassan Rouhani, à Téhéran, en octobre 2015. (Crédit : Mahmoud Hosseini/CC BY 4.0/WikiCommons)

L’Iran a affirmé dimanche avoir discuté avec le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, du moteur à propulsion nucléaire que Téhéran veut construire, a rapporté l’agence de presse iranienne Isna.

« Nous avons discuté des moteurs à propulsion nucléaire en détail. Si ces moteurs sont à usage commercial, leur type est différent que s’ils sont à usage militaire », a déclaré le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi après sa rencontre avec Amano, qui effectue une visite d’une journée à Téhéran.

Un peu plus tard, en recevant Amano, le président Hassan Rouhani a souhaité que l’AIEA « coopère » avec l’Iran « pour la construction de moteur à propulsion nucléaire », selon le site de la présidence.

Rouhani a ordonné le 13 décembre à l’OIEA de planifier « la conception et la production de moteurs à propulsion nucléaire pour le transport maritime », en réaction au renouvellement pour dix ans de sanctions américaines, qualifié par l’Iran de « violation » de l’accord nucléaire avec les grandes puissances.

« Nous avons trois mois pour faire les études. Normalement, le degré d’enrichissement [du combustible] de tels moteurs peut aller de 5 % à 90 %. Si on change rapidement le combustible, l’enrichissement peut être faible mais si on le change à plus long terme il doit être plus élevé », a précisé Salehi.

Ali Akbar Salehi (photo credit: CC-BY Parmida76, Flickr)
Le chef de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran, Ali Akbar Salehi. (Crédit : Parmida76/CC-BY/Flickr)

Dans le cadre de l’accord nucléaire conclu avec les grandes puissances en juillet 2015, l’Iran s’est engagé à limiter son enrichissement d’uranium à 3,67 % environ pour une durée d’environ 15 ans avant de pouvoir l’augmenter.

La construction de moteurs à propulsion nucléaire devrait prendre des années.

Avant l’accord nucléaire, l’Iran faisait de l’enrichissement d’uranium jusqu’à un niveau de 20 %. Il avait un usage civil pour fabriquer le combustible de son réacteur de recherche situé à Téhéran.

L’enrichissement d’uranium à un niveau de plus de 85 % correspond à un usage militaire.

De son côté, Amano a déclaré que l’Iran continuait de respecter ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire pour limiter son programme.

Rouhani a également affirmé que l’Iran respectera « ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire […] tant que les autres parties appliqueront les leurs. »

Il a de nouveau répété que « les récentes actions des Etats-Unis, en particulier le renouvellement des sanctions, sont en contradiction avec l’accord nucléaire. »

Samedi, dans une lettre adressée à la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a appelé à une « réunion de la commission conjointe prévue par l’accord nucléaire […] sur la récente action des Etats-Unis » pour renouveler les sanctions contre l’Iran.

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