L’Iran a affirmé dimanche avoir discuté avec le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, du moteur à propulsion nucléaire que Téhéran veut construire, a rapporté l’agence de presse iranienne Isna.

« Nous avons discuté des moteurs à propulsion nucléaire en détail. Si ces moteurs sont à usage commercial, leur type est différent que s’ils sont à usage militaire », a déclaré le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi après sa rencontre avec Amano, qui effectue une visite d’une journée à Téhéran.

Un peu plus tard, en recevant Amano, le président Hassan Rouhani a souhaité que l’AIEA « coopère » avec l’Iran « pour la construction de moteur à propulsion nucléaire », selon le site de la présidence.

Rouhani a ordonné le 13 décembre à l’OIEA de planifier « la conception et la production de moteurs à propulsion nucléaire pour le transport maritime », en réaction au renouvellement pour dix ans de sanctions américaines, qualifié par l’Iran de « violation » de l’accord nucléaire avec les grandes puissances.

« Nous avons trois mois pour faire les études. Normalement, le degré d’enrichissement [du combustible] de tels moteurs peut aller de 5 % à 90 %. Si on change rapidement le combustible, l’enrichissement peut être faible mais si on le change à plus long terme il doit être plus élevé », a précisé Salehi.

Ali Akbar Salehi (photo credit: CC-BY Parmida76, Flickr)

Le chef de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran, Ali Akbar Salehi. (Crédit : Parmida76/CC-BY/Flickr)

Dans le cadre de l’accord nucléaire conclu avec les grandes puissances en juillet 2015, l’Iran s’est engagé à limiter son enrichissement d’uranium à 3,67 % environ pour une durée d’environ 15 ans avant de pouvoir l’augmenter.

La construction de moteurs à propulsion nucléaire devrait prendre des années.

Avant l’accord nucléaire, l’Iran faisait de l’enrichissement d’uranium jusqu’à un niveau de 20 %. Il avait un usage civil pour fabriquer le combustible de son réacteur de recherche situé à Téhéran.

L’enrichissement d’uranium à un niveau de plus de 85 % correspond à un usage militaire.

De son côté, Amano a déclaré que l’Iran continuait de respecter ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire pour limiter son programme.

Rouhani a également affirmé que l’Iran respectera « ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire […] tant que les autres parties appliqueront les leurs. »

Il a de nouveau répété que « les récentes actions des Etats-Unis, en particulier le renouvellement des sanctions, sont en contradiction avec l’accord nucléaire. »

Samedi, dans une lettre adressée à la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a appelé à une « réunion de la commission conjointe prévue par l’accord nucléaire […] sur la récente action des Etats-Unis » pour renouveler les sanctions contre l’Iran.