L’Iran a mené mercredi deux nouveaux tirs d’essai de missiles balistiques, au lendemain de tests similaires ayant suscité la « préoccupation » de Washington.

« Les missiles de précision Qadr H et Qadr F de longue portée ont été tirés ce jour (…) détruisant des cibles sur des sites identifiés » sur les côtes sud-est de l’Iran, a déclaré le général Hossein Salami, numéro deux des Gardiens de la révolution, selon le service médias de l’armée d’élite iranienne et l’agence officielle Irna.

La télévision nationale a diffusé des images montrant les tirs de deux missiles depuis un site dans l’est de la chaîne de montagnes d’Alborz, dans le nord du pays.

Les autorités iraniennes ont annoncé mardi que l’Iran avait procédé à une série de tests de missiles balistiques en différents lieux de son territoire à partir de bases souterraines et à titre « dissuasif ».

Les Etats-Unis avaient annoncé le 17 janvier de nouvelles sanctions liées au programme de missiles balistiques de l’Iran.

Cette annonce était intervenue juste après la levée de la plupart des sanctions internationales, conformément à l’accord conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances – dont les Etats-Unis – sur le programme nucléaire iranien.

Début janvier, la télévision iranienne avait montré les images d’une base souterraine contenant des missiles d’une portée de 1.700 kilomètres.

L’Iran avait effectué au moins un essai réussi de ce type de missile en octobre et, selon des experts de l’ONU, cela constituait une violation d’une résolution datant de 2010 interdisant l’utilisation par l’Iran de missiles balistiques de peur qu’ils ne soient dotés d’une tête nucléaire.

Les Etats-Unis et les Etats de la région « sont préoccupés » par les capacités de l’Iran en matière de missiles balistiques, a déclaré le général Lloyd Austin, le chef du Centcom (commandement des forces américaines au Moyen-Orient) devant la commission des forces armées du Sénat.

« L’Iran reste aujourd’hui un facteur de déstabilisation significatif » au Moyen-Orient, a-t-il estimé.

Le département d’Etat américain a de son côté souligné que les Etats-Unis saisiraient l’ONU si les essais de missiles étaient avérés, mais son porte-parole John Kirby a souligné que ces tests « n’étaient pas une violation » de l’accord sur le nucléaire iranien.

« Plus nos ennemis augmentent les sanctions plus intense sera la réaction des Gardiens », a prévenu mercredi le général Amir Ali Hajizadeh, commandant de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution.

« Hier des missiles ont été tirés depuis des plateformes et des silos (souterrains) et aujourd’hui les tirs sont effectués au coeur de notre terre islamique », a-t-il ajouté.

« La raison pour laquelle nous avons conçu ces missiles d’une telle portée –2.000 km– est de pouvoir frapper nos ennemis lointains, le régime sioniste », rapporte l’agence Isna, citant M. Hajizadeh.

La série de tests a porté sur des missiles guidés de précision de courte, moyenne et longue portée pouvant atteindre des cibles à 300 km, 500 km, 800 km et 2.000 km, selon les médias d’Etat.