Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi que son pays ne permettrait pas à l’Iran de s’implanter militairement en Syrie, lors d’un entretien avec le ministre russe de la Défense Sergueï Shoïgu, a indiqué son bureau.

« La rencontre à laquelle a également participé le ministre (israélien) de la Défense Avigdor Liberman a surtout été consacrée à la tentative de l’Iran de s’implanter militairement en Syrie. L’Iran doit comprendre qu’Israël ne le permettra pas », a rapporté le bureau du Premier ministre dans un communiqué après les entretiens à Jérusalem.

Netanyahu a aussi réaffirmé que si l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances n’était pas modifié, « il est clair que, dans huit à dix ans, l’Iran disposera d’un arsenal nucléaire ».

Le président américain Donald Trump avait estimé lundi que la fin de l’accord sur le nucléaire iranien était une « réelle possibilité », trois jours après avoir annoncé qu’il refusait de certifier le fait que Téhéran respectait ses engagements.

Lors d’un entretien lundi avec M. Shoïgu, Liberman a admis l’existence de divergences entre les deux pays, sans préciser lesquelles.

« Nous ne sommes pas toujours d’accord, mais nous communiquons de façon sincère et ouverte », avait indiqué le ministre de la Défense cité dans un communiqué.

Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, à gauche, Avigdor Liberman, au centre, ministre de la Défense, et Gadi Eizenkot, chef d'état-major de Tsahal, à Tel Aviv, le 16 octobre 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministre de la Défense)

Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, à gauche, Avigdor Liberman, au centre, ministre de la Défense, et Gadi Eizenkot, chef d’état-major de Tsahal, à Tel Aviv, le 16 octobre 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministre de la Défense)

Peu avant l’arrivée de M. Shoïgu, l’aviation israélienne avait attaqué et détruit une batterie de missiles à l’est de Damas en réponse à un tir de missile syrien en direction d’appareils israéliens qui effectuaient un vol de reconnaissance au-dessus du Liban.

L’engagement militaire de la Russie auprès du régime syrien depuis 2015 a permis à celui-ci de renverser la donne en sa faveur face aux rebelles et aux jihadistes. L’Iran et le mouvement terroriste chiite libanais Hezbollah soutiennent également militairement Bachar al-Assad.

Depuis le début de l’implication russe en Syrie, Israël cherche à coordonner son action avec Moscou pour éviter un incident militaire.

Netanyahu ne cesse de mettre en garde contre l’installation de bases militaires iraniennes en Syrie, près du territoire israélien, et contre le projet prêté à Téhéran de créer un corridor reliant l’Iran à la Méditerranée via l’Irak, la Syrie et le Liban.