BUENOS AIRES, Argentine – L’Iran aurait financé la campagne de 2007 de la présidente argentine Cristina Kirchner, en échange de l’impunité pour les Iraniens dans l’attentat de l’AMIA, révèle un magazine.

Le magazine brésilien Veja a annoncé samedi que l’accord, négocié par le président vénézuélien Hugo Chavez, a également fourni aux Iraniens du  savoir-faire nucléaire.

« J’ai besoin que vous négociez avec l’Argentine pour obtenir de l’aide pour le programme nucléaire de mon pays. Nous avons besoin que les Argentins partagent leurs connaissances dans le domaine de la technologie nucléaire ; sans cette collaboration, il nous sera impossible de progresser dans notre programme », aurait déclaré le président de l’Iran Mahmoud Ahmadinejad à Chavez, le 13 janvier 2007, selon le témoignage de trois anciens membres du cabinet de Chavez qui vivent maintenant aux États-Unis et qui collaborent à l’enquête de l’AMIA.

« Ne vous inquiétez pas des dépenses nécessaires pour cette opération. L’Iran financera ce qui est nécessaire pour convaincre les Argentins. J’ai un autre problème. J’ai besoin de vous pour empêcher que les Argentins insistent pour qu’Interpol capture les autorités de mon pays », avait ajouté le président iranien, selon l’article. Chavez aurait accepté.

La bombe à l’Association mutuelle juive argentine (AMIA) a tué 85 personnes et blessé 300. C’est l’attaque la plus meurtrière de l’Histoire de l’Argentine.

L’Argentine a accusé le gouvernement iranien d’avoir fomenté et organisé le bombardement du centre juif AMIA, et le Hezbollah d’avoir mené l’attaque de 1994, mais aucune arrestation n’a été faite dans cette affaire.

Six Iraniens possiblement liés à l’attentat ont été placés, à partir de 2007, sur la liste des personnes les plus recherchées de l’agence internationale de police Interpol.

Le Trésor du Venezuela a acheté l’équivalent de 6 milliards de dollars en obligations de l’Argentine pour couvrir sa dette entre 2007 et 2008.

Le gouvernement argentin aurait également reçu du liquide pour l’accord. L’un des trois anciens responsables vénézuéliens affirme que la célèbre valise de Guido Antonioni Wilson, contenant 800 000 dollars entrés dans le pays sans déclaration, provenait du régime iranien et était destinée à la campagne présidentielle de Cristina Kirchner.

Selon Veja, l’échange de secrets nucléaires a été géré en Argentine par le ministre de la Défense Nilda Garre, maintenant ambassadeur à l’Organisation des États américains (OEA) à Washington.

L’Iran était intéressé par l’expérience argentine avec son réacteur nucléaire à eau lourde Atucha parce qu’il voulait produire du plutonium pour des armes nucléaires en utilisant uniquement de l’uranium naturel.

« Je ne peux pas vous affirmer que le gouvernement de l’Argentine a donné des secrets nucléaires, mais je sais qu’il a fallu beaucoup échanger de ressources légales et illégales pour obtenir quelque chose de précieux pour les Iraniens », ont révélé les anciens responsables à Veja dans son article intitulé « Des chavistes confirment la conspiration dénoncée par Nisman ».

Cette révélation confirme l’accusation faite par le procureur Alberto Nisman fin janvier.

Il avait affirmé que Kirchner a décidé de « ne pas incriminer » d’anciens hauts responsables de la République islamique et qu’elle a essayé d’ « effacer » leurs rôles dans la planification de l’attentat.

Il avait ajouté que l’accord avait été négocié en 2007, au Venezuela.