Les autorités iraniennes fêtent mardi le 35ème anniversaire de la révolution islamique, marqué par des avancées dans les négociations nucléaires avec les grandes puissances, dont l’ennemi historique américain même si cela reste pour beaucoup un tabou.

En début de matinée, plusieurs dizaines de milliers de personnes affluaient autour de la place Azadi, au centre de Téhéran, où le président Hassan Rouhani devait prononcer un discours, selon un journaliste de l’AFP.

Pour faire attendre la foule, très familiale, les organisateurs avaient prévu des radio-crochets de chansons à la gloire de la révolution ou des concours « d’effigies de l’Arrogance », en référence aux pays occidentaux.

La journée du 11 février, le 22 Bahman d’après le calendrier iranien, est l’occasion de défilés hauts en couleurs dans tout le pays pour rappeler l’arrivée au pouvoir de l’imam Khomeiny et la chute du régime du Chah.

Depuis son élection, le président Rouhani, a entamé une politique de rapprochement avec la communauté internationale, essentiellement dans le but de mettre fin aux sanctions occidentales décrétées contre Téhéran en raison de son programme nucléaire.

Les Occidentaux et Israël, considérés comme la seule puissance nucléaire de la région, soupçonnent depuis une dizaine d’années l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert de son programme civil, ce que Téhéran nie farouchement.

Des Iraniens fêtent le 34e anniversaire de la révolution islamique, le 10 février 2013 place Azadi, à Téhéran (Crédit : AFP/Archives Atta Kenare)

Des Iraniens fêtent le 34e anniversaire de la révolution islamique, le 10 février 2013 place Azadi, à Téhéran (Crédit : AFP/Archives Atta Kenare)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit se rendre aux Etats-Unis début mars pour discuter « des moyens d’empêcher l’Iran de produire des armes nucléaires ».

Fin novembre à Genève, l’Iran a conclu avec le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) un accord de six mois sur un gel de certaines activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée partielle des sanctions qui étranglent son économie.

Les discussions sur un accord global doivent reprendre le 18 février à Vienne.

Hassan Rouhani bénéficie du soutien du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, pour mener ces négociations à travers son chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif.

.Mais ce dialogue est dénoncé par les conservateurs, qui estiment trop importantes les concessions faites aux Occidentaux et dénoncent les rencontres trop nombreuses à leurs yeux de M. Zarif avec des responsables américains.

« Il faut se demander pourquoi certains sont prêts à vendre à bas prix la grandeur et la puissance de l’Iran pour obtenir la fin de l’animosité des Etats-Unis », a déclaré Mohammad Ali Jafari, le chef des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime islamique.

Il s’exprimait lors du festival « Mort à l’Amérique », slogan lancé lors de chaque manifestation officielle.

Pour l’Iran, il n’est encore pas question de renouer des relations diplomatiques avec le « Grand Satan », rompues en 1980 après la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran par des étudiants islamistes.

L'ayatollah Khamenei, le 8 février 2014 à Téhéran (Crédit : Site web de l'ayatollah Khamenei/AFP/Archives)

L’ayatollah Khamenei, le 8 février 2014 à Téhéran (Crédit : Site web de l’ayatollah Khamenei/AFP/Archives)

L’ambassadeur suisse, dont le pays représente les intérêts américains en Iran, a été convoqué lundi soir au ministère des Affaires étrangères après de nouvelles sanctions américaines contre des personnes et des entreprises soupçonnées de contourner les sanctions occidentales et de soutenir des réseaux terroristes.

Plus tôt, M. Zarif avait annoncé que les prochaines négociations seraient difficiles, notamment en raison du « manque de confiance » de l’Iran dans les Etats-Unis.

L’Iran a également annoncé samedi qu’une flottille de deux navires actuellement au large de l’Afrique du sud se rapprochait des frontières maritimes américaines, sans préciser lesquelles, en réponse à la présence de la Ve Flotte de la marine américaine dans le Golfe persique.