Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a appelé samedi les puissances moyen-orientales, y compris les états sunnites rivaux, à travailler ensemble pour résoudre les problèmes régionaux. Il a cependant exclu toute collaboration avec Israël, affirmant que Téhéran ne voulait dialoguer qu’avec « des pays que nous appelons frères en islam. »

Zarif s’exprimait pendant la Conférence sur la sécurité annuelle de Munich, où il devait initialement parler pendant la même session que le ministre de la Défense Avigdor Liberman.

« Nous devons traiter les problèmes communs et les perceptions qui ont donné naissance aux angoisses et au niveau de violence dans la région », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’Iran voulait être le fer de lance de cet effort régional.

Quand il lui a été demandé si le dialogue régional qu’il proposait pourrait inclure Israël, Zarif a été remarquablement froid.

« Sur le dialogue régional, je suis modeste et concentré sur le Golfe persique, a-t-il répondu. Nous avons assez de problèmes dans cette région pour que nous ne soyons prêts à commencer un dialogue qu’avec des pays que nous appelons frères en islam. »

Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste qui s’est également exprimée dimanche pendant la conférence, a déclaré sur Twitter qu’il était « absurde » que Zarif, qui représente « l’Iran, qui soutient le terrorisme, finance le Hezbollah et commet des attentats en Europe » ait été « légitimé » en ayant été autorisé à s’exprimer à cette conférence de très haut niveau.

Zarif a également balayé les nouvelles pressions des Etats-Unis sur le programme nucléaire controversé de la République islamique, déclarant que son pays n’était « pas ému par les menaces », mais qu’il répondait bien au respect.

Le président américain Donald Trump a critiqué de nombreuses fois l’accord nucléaire signé en 2015 entre l’Iran, les Etats-Unis et cinq autres puissances mondiales.

Son administration a déclaré que l’Iran était « mis en garde » après un récent test de missile balistique, et a imposé de nouvelles sanctions à plus d’une vingtaine d’entreprises et d’individus iraniens.

Zarif a moqué « le concept de sanctions handicapantes », affirmant que « l’Iran ne répond pas bien aux menaces. Nous ne répondons pas bien à la coercition. Nous ne répondons pas bien aux sanctions, mais nous répondons très bien au respect mutuel. Nous répondons très bien aux accords pour réaliser des scénarios mutuellement acceptables. »

Zarif devait initialement partager la même scène que Liberman, mais les organisateurs de la conférence ont précipitamment modifié vendredi le programme des sessions du dimanche matin.

Liberman avait déclaré qu’il attendait avec impatience d’exposer son opinion devant le ministre iranien.